Le 29 novembre 2024, le Tchad a officiellement annoncé la fin de l'accord de coopération de défense avec la France, à une date porteuse de beaucoup de symbolisme provenant de sa coïncidence avec la célébration par le pays de l'anniversaire de la proclamation de la République tchadienne le 28 novembre. 1958, alors que le communiqué du gouvernement qualifiait cette démarche de « affirmation de la pleine souveraineté du Tchad ».
Cette démarche, intervenue quelques heures après la visite du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à N'Djamena, est considérée comme une menace pour la présence militaire de la France - ancien colonisateur - dans ses derniers bastions de la région du Sahel, au contexte d’accélération des transformations géopolitiques dans la région dont les pays cherchent à sortir de la sphère d’influence traditionnelle française .
Cela soulève des questions sur l’avenir des relations franco-tchadiennes et ouvre la porte à une restructuration des alliances régionales à la lumière de la présence croissante de nouveaux acteurs dans la région.
Professeur d'études africaines à l'Université de Portsmouth, Tony Chaffer, décrit le Tchad comme l'axe principal de la stratégie française en Afrique centrale. Malgré son indépendance de la France en 1960, le Tchad est resté lié militairement et sécuritairement à son ancien colonisateur à travers de nombreux accords. notamment ceux signés en 1960, 1961 et 1976, qui ont ensuite été modifiés en 2019.
Ces accords accordaient à Paris des privilèges, dont le plus important était le droit d'utiliser une base militaire majeure à proximité de la capitale et de conserver les pouvoirs lui accordant de traverser et de survoler l'espace aérien tchadien, en échange du développement par la France des capacités militaires tchadiennes en fournissant une formation et équipement.
Outre le soutien technique, représenté par l'envoi de conseillers militaires français et la fourniture d'une assistance logistique, en plus de la protection contre les menaces extérieures et de la contribution au maintien de la sécurité intérieure.
Ces accords ont constitué la porte d'entrée de l'intervention française dans les affaires intérieures du pays et ont contribué à déterminer l'identité de ceux qui le gouvernent, puisqu'un article publié sur le site African Argument indique que le Tchad a connu le plus grand nombre d'interventions militaires françaises par rapport à ses homologues africains. .
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