Champagne : les cuvées parcellaires qui nous ont séduits

Par Philippe BidalonPublié le 11/12/2024 à 11:00 - L'Express - 11/12
Capturer l’essence distinctive d’une seule année à travers le prisme du sol, du terroir dont tout découle. Tel est l’objet de la quête des vignerons et des maisons qui élaborent des sélections parcellaires, autant de cuvées dont la production se révèle confidentielle, donc rare.

Différentes démarches concourent à se centrer sur la parcelle, l’élément premier de la production viticole. La Champagne en recense près de 280 000 ! Mais toutes, tant s’en faut, ne présentent pas de caractéristiques de terroir originales. La réhabilitation des cépages oubliés (petit meslier, pinots blanc et gris, arbane) s’inscrit bien dans l’approche parcellaire : survivants du passé viticole de la Champagne ou nouvellement (re) plantés), ils courent sur de très petites surfaces (d’où une faible production), des sous-parcelles de lieux-dits, ces derniers étant l’équivalent des fameux climats de la Bourgogne, progressivement et précisément délimités par l’homme et reconnus par leur nom depuis des siècles.

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L’expression pure d’un grand ou premier cru, aussi, est souvent issue d’une parcelle unique ou de l’assemblage de deux d’entre elles d’un même lieu-dit. Là encore le nombre de bouteilles de ces monocrus s’en trouve limité.

Enfin, également à l’image de la Bourgogne, les clos constituent la forme la plus ancienne et la plus aboutie de parcelles de vignes. Physiquement délimitée par une enceinte de murets, de haies ou de grilles, ces espaces intimes sont passés d’une douzaine dans les années 1990, à 39 aujourd’hui, dont la quasi-totalité s’affichent désormais sur une étiquette.

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Impossible toutefois de dénombrer l’ensemble des cuvées parcellaires de champagne, car beaucoup ne sont élaborées que les grandes années et (ou) selon des critères propres à chaque exploitation. Petit inventaire des plus renommées cuvées parcellaires qui nous ont séduits.

CTJ 3830 Flacons de fête PARCELLAIRES

© / SDP/L'EXPRESS

  • Clos du Château de Bligny

Ce domaine de la Côte des Bar (Aube), qui s’étend sur 30 hectares, se trouve le seul récoltant-manipulant à bénéficier de l’appellation "château". Voilà vingt ans, la famille Rapeneau y a créé un clos d’un petit hectare – 89 ares précisément –, où six cépages des sept autorisés dans l’appellation champagne sont complantés et vendangés ensemble. "La plus pure expression d’un micro-terroir et d’un microclimat", confie Jean-Rémy Rapeneau. (3 500 bouteilles environ). 68 €

  • Gaidoz-Forget Les Monthouzons Millésime 2018

Toute son enfance, Bertille Gaidoz courait dans les vignes de ses parents, à Ludes, et se cachait à la cave, derrière les bouteilles de champagne… Sa vocation a mûri comme une bonne cuvée, patiemment, mais sûrement. La jeune vigneronne présente sa nouvelle cuvée parcellaire extra brut 100 % meunier, un premier cru issu du terroir de Taissy, dans la Montagne de Reims. Nez subtil, notes délicates d’agrumes et de bois rose. 64 €.

  • Lombard Lieu-dit Le Bas des Gaumes Brut Nature 2017 (bio)

Neuvième sélection proposée par la maison d’Epernay. Ce 2017 est issu de 1,12 hectare du cru Vertus. "Le lieu-dit se distingue par une structure de sol atypique qui reflète un riche passé. Cultivée en agriculture biologique, la vigne produit des chardonnays au profil réducteur, offrant un équilibre remarquable entre fraîcheur et fruité", détaille Thomas Lom...
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