La Zone d’expression prioritaire (Zep) élabore ces récits avec des jeunes de 14 à 30 ans, lors d’ateliers d’écriture encadrés par des journalistes. Ces témoignages sont ensuite publiés par des médias. Ouest-France a choisi d’être l’un d’eux. Tous les mois, le premier mardi, dans le journal et sur ouest-france.fr, on peut lire ces récits de vie, comme celui de Romane, 23 ans.
« À la fin du soin de conservation ou de la toilette mortuaire, il arrive parfois qu’un sourire se dessine sur le visage du défunt. Un sourire d’apaisement. J’ai compris que je n’avais pas envie d’emmagasiner la peine, la tristesse et la colère des familles au quotidien. Même si je la comprends. Mon envie, c’est de m’occuper une dernière fois du défunt dans le respect et le calme qu’il mérite.
J’ai travaillé pendant un mois comme conseillère funéraire dans une agence de pompes funèbres. Je me souviens d’un premier rendez-vous avec une famille, dans une petite ville de Bretagne. Ils avaient perdu leur maman. Très vite, la discussion a tourné autour de l’héritage. Il y avait beaucoup de colère et de désaccord. La mémoire du défunt n’était même pas évoquée pendant les rendez-vous d’organisation des obsèques.
J’étais derrière mon bureau, à essayer de recentrer la conversation. Je leur disais que nous étions avant tout ici pour leur mère, pour lui rendre hommage. J’étais bouche bée face à ce spectacle. J’ai appelé un collègue qui avait plus d’expérience pour me venir en aide car le ton montait de leur côté.
Après la tempête, le calme est revenu dans le bureau. Le silence. Ça m’a choquée de voir comment la mort peut rendre les vivants ag...
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