Aednan Linnea Axelsson, traduit par Saskia Vogel, Pouchkine Ce roman primé se déroulant dans le nord de la Suède (le titre signifie à la fois « la terre » et « ma mère ») est sous-titré « Une épopée », mais sa forme – sobre, semblable à un haïku verset – signifie que les pages respirent librement. Le style impressionniste est assorti à la structure, qui se déplace d'avant en arrière, couvrant un siècle de 1913 à 2015 dans la vie de deux familles indigènes sami. Ils font face à l'arrivée de colons suédois et à la destruction de leur culture, notamment à la construction d'un barrage sur les terres sâmes. Une femme regrette son propre échec à résister – « La langue suédoise s'est développée / au fil de mes pensées // Les Samis depuis longtemps / endormis dans leur corps / de honte // l'obéissance s'est superposée » – et se demande à ses enfants : « Comment vais-je pouvoir / explique-leur // que la ruine / est dans ma voix. Le résultat est certes épique, mais aussi intime et puissant...
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