Dès que la biologiste Dr Heike Vester appuie sur play, le bruit de la statique du fjord remplit la pièce. Vient d’abord le grondement constant et régulier du moteur d’un bateau. Puis, toutes les huit secondes, comme une grosse caisse inquiétante, vient l’explosion des canons à air sismiques – des explosions extrêmement fortes utilisées dans l’exploration pétrolière et gazière qui peuvent parcourir de vastes distances sous l’eau.
Et enfin, au-dessus de tout cela – et parfois noyé par celui-ci – dansent les vocalises élancées des baleines.
"Ici, nous avons des cachalots qui cliquent, des globicéphales et des canons à air sismiques", explique Vester. Lors d’une autre lecture d’enregistrement, elle souligne le bruit du changement de vitesse d’un bateau touristique qui suit un groupe d’orques en train de se nourrir.
Soudain, alors que le bruit du moteur devient extrêmement fort, les cris des baleines deviennent presque inaudibles. «Cela affecte vraiment leur alimentation», dit-elle.
« Dès qu’il y a du bruit de bateau, ils ne peuvent plus se nourrir. Les observateurs de baleines devraient en être conscients.
Heike Vester chez elle à Bodø, en Norvège. Son amour des baleines vient en partie de son intérêt pour les sociétés matrilinéaires. Photographie : Marthe Mølstre/The Guardian
Ces enregistrements sous-marins, diffusés depuis l’ordinateur portable de Vester chez elle près de Bodø, dans le cercle arctique norvégien, font partie des centaines qu’elle a réalisées au fil des décennies dans le Vestfjorden.
Chaque année, d'avril à octobre, lorsque le temps le permet, elle reste des heures allongée dans un petit bateau, écouteurs sur les oreilles, écoutant ce que son hydrophone capte à...
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