Ce dimanche 1er décembre, l’actrice Emilie Dequenne s'est confiée sur le plateau de Sept à Huit, sur TF1, et révèle la récidive de son cancer. Comment réagir face à cette nouvelle ? Amélie Boukhobza, psychologue clinicienne, nous répond.
En octobre 2023, Emilie Dequenne poste sur Instagram : "Ce n’est pas tous les jours facile, mais je suis déterminée à vaincre ce cancer rare qui a décidé de venir bouleverser ma vie. Je ne me laisserai pas faire, croyez-moi !". Après plusieurs mois de chimiothérapie, elle annonce une "rémission complète" en avril dernier.
Le combat continue… Sur le plateau de Sept à Huit, l’actrice de 43 ans rappelle que son cancer, le corticosurrénalome, est extrêmement rare, puisqu’il touche "1 à 2 personnes sur un million par an dans le monde", avant de préciser : "On ne parle que de rémission. On ne parlera jamais de guérison". Elle explique la rude épreuve de subir une nouvelle fois des traitements aussi lourds : "Et puis l’idée de me retrouver toutes les trois semaines pendant cinq jours à l’hôpital…", tout en évoquant la perte de cheveux qu’elle allait de nouveau devoir affronter. Bouleversée, elle se livre : "Au fond de moi, je sais pertinemment que je ne vivrai pas aussi longtemps que prévu (…) (…) Je n’ai que 43 ans. Moi, j’ai toujours rêvé de vivre jusqu’à au moins 80 ans et de m'endormir définitivement dans mon sommeil. Ça, c’est ce que je demande", avant de dire qu’elle a confiance en la médecine.
Ce sont de véritables ascenseurs émotionnels auxquels les victimes de cancers doivent faire face. Après l’espoir de s’en être sorti(e), la nouvelle de la récidive sonne parfois encore plus fort que la première. "L’annonce d’une récidive de cancer, c’est un véritable séisme. Pour celui qui la reçoit, c’est souvent un mélange d’effondrement et de colère : Pourquoi moi ? Et parfois, une sidération totale, comme si le corps et l’esprit se déconnectent pour éviter d'affronter la violence de cette nouvelle", explique Amélie Boukhobza, notre psychologue clinicienne. Le plus important reste de ne pas vivre cette épreuve uniquement par soi-même mais de (bien) s’entourer afin d’obtenir de la force supplémentaire. "Dans ces instants, il faut s’autoriser à ne surtout pas tout porter seul(e). Que ce soit en s’appuyant sur un proche, un professionnel ou une association, l’objectif est avant tout d’éviter l’isolement. Ce qui compte, ce n’est pas de tout maîtriser, puisque c’est impossible… Il faut se donner le droit d’être vulnérable et de chercher le soutien", précise notre psychologue clinicienne.
"En réalité, face à une telle annonce, il n’y a pas de réaction parfaite. On avance comme on peut au fur et à mesure, avec les ressources qu’on a et celles qu’on peut demander."