"Je suis une métisse noire reconstitutrice historique dans une mer d'hommes barbus"

Jade Cuttle - TheGuardian - 01/12
Tout le monde ne voudrait pas passer ses week-ends vêtu d'une tunique à combattre dans des batailles médiévales, mais mon amour de la reconstitution est enraciné dans le fait de garder l'histoire vivante.
Jade Cuttle, au centre, avec James Everett en Viking, à gauche, et Thomas Neal en guerrier anglo-saxon. Photographie : Sophia Evans/L'Observateur
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Jade Cuttle, au centre, avec James Everett en Viking, à gauche, et Thomas Neal en guerrier anglo-saxon. Photographie : Sophia Evans/L'Observateur

"Je suis une métisse noire reconstitutrice historique dans une mer d'hommes barbus"

Tout le monde ne voudrait pas passer ses week-ends vêtu d'une tunique à combattre dans des batailles médiévales, mais mon amour de la reconstitution est enraciné dans le fait de garder l'histoire vivante.

Nous sommes en été 1265. Je mets en bouteille des sangsues dans une apothicairerie en plein air en tant qu'apprenti médecin de l'église. Les ménestrels accordent leurs instruments de musique et les soldats aiguisent leurs épées. Gloucester vient d'être capturé par le prince Édouard et les forces royales se développent dans l'ouest de l'Angleterre. Les hommes viennent me chercher de l'achillée millefeuille pour arrêter leur saignement, de la consoude pour soigner leurs blessures et du soufre pour apaiser leurs plaies. Je souris devant leur foi dans le vinaigre, le contact d’une femme et la prière. Mais en secret, j'aspire à être un simple fantassin, combattant avec les hommes dans la boue.

Finalement, j'ai trouvé le courage de prendre une hache et d'infiltrer leurs rangs. Ma présence sur le champ de bataille n’est pas aussi improbable qu’il y paraît. Certains d’entre nous, comme Marguerite de Beverley, se sont battus. Seul un peu de travestissement est nécessaire. J'échange ma jupe jusqu'aux chevilles contre une tunique, la guimpe sur mes cheveux contre une coiffe et un casque, et j'enveloppe mes jambes dans des bas en laine sur un large pantalon en lin. Un couteau pend à mes côtés. Ma féminité est cachée sous un lourd gambison ou une tunique protectrice. Ses points sont sales et gris, comme si le vêtement lui-même était cousu avec du cartilage. Le rembourrage épais absorbe le choc d'une arme, même si parfois une lame passe à travers. À ce stade, je laisse tomber ma hache, me serre la poitrine et gémis. Les foules, ravies par le spectacle de la mort, se mettent à applaudir.

Mon premier spectacle en tant que reconstitueur h...
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