Certaines maladies ou états de crise comme les crises cardiaques ou les crises d’asthmes ont tendance à survenir tôt dans la journée. Une équipe de chercheurs à découvert la raison.
Pourquoi l'asthme, les crises cardiaques et bien d'autres maladies surviennent-ils souvent aux premières heures du matin ? Une explication possible à ce phénomène mystérieux a été découverte par des chercheurs en sciences biomoléculaires de l'Institut Weizmann des sciences. Une affaire de protéines produites serait en cause.
L’équipe de recherche rapporte avoir découvert qu’un élément clé de notre horloge circadienne, régissant nos rythmes biologiques, régulerait également la réponse de notre organisme au manque d’oxygène. Ce composant, qui subit des changements au cours de la journée et de la nuit, pourrait affecter le moment de l'apparition des maladies qui sont influencées par le cycle de l'oxygène de l'organisme.
Le prix Nobel de médecine a ainsi été décerné en 2019 à trois chercheurs ayant découvert le facteur inductible par l’hypoxie 1-alpha HIF-1α, la protéine clé qui détermine la façon dont chaque cellule réagit au manque d’oxygène.
Tant qu'il y a suffisamment d'oxygène, la protéine reste instable et se décompose rapidement ; mais lorsqu'il y a un manque d'oxygène, elle se stabilise, s'accumule et pénètre dans le noyau des cellules où elle active de nombreux gènes essentiels pour répondre au manque d'oxygène.
Cet HIF-1α n’est pas le seul acteur clé. Dans la nouvelle étude menée, l’équipe a découvert que la protéine BMAL1, un autre composant clé de nos horloges circadiennes, joue également un rôle important dans la réponse de l’organisme au manque d’oxygène. Car cette protéine BMAL-1 est nécessaire à la stabilisation et à l’activation de HIF-1α vue précédemment.
Ces nouvelles découvertes pourraient expliquer pourquoi la réponse de l'organisme au manque d'oxygène et sa capacité à faire face à diverses pathologies changent au cours de la journée et de la nuit.
"Nous savons que BMAL1 subit des changements au cours du cycle circadien naturel, ce qui pourrait expliquer pourquoi les taux de mortalité varient tout au long de la journée et peut-être aussi pourquoi les maladies liées au manque d’oxygène dépendent du temps", confirme Gad Asher, coauteur de l’étude. "Ces découvertes et d'autres nous ont aidés à comprendre que l'horloge circadienne ne réagit pas seulement au manque d'oxygène, comme on le savait déjà, mais qu'elle active en fait le mécanisme du corps pour faire face au manque d'oxygène", conclut-il.
Prochaine étape ? Vérifier cette réaction chez l’espèce humaine, pour, peut-être, aboutir à des options thérapeutiques.