ENTRETIEN. « La société est moins polarisée que le regard que nous portons sur elle »

Ouest France - 26/11
« Archipellisation, désengagement, individualisme… » Dix-huit mois après leur étude sur la « fatigue informationnelle », Guénaëlle Gault et David Medioni se sont penchés sur ces concepts qui dominent souvent le débat public. Et peuvent l’empêcher de progresser.

Dix-huit mois ont passé depuis la parution de leur étude sur la « fatigue informationnelle ». Entre désengagement et individualisme, Guénaëlle Gault, directrice générale de l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) et David Médioni de l’Observatoire des médias de la Fondation Jean-Jaurès, se sont dorénavant penchés sur les grandes lignes d’un nouvel essai, Penser sans entraves, qui soutient l’idée que les concepts ancrés dans notre société peuvent parfois figer la pensée.

Votre précédent essai portait sur la « fatigue informationnelle ». Avec Penser sans entraves, vous vous penchez plutôt sur la fatigue intellectuelle. Quel a été le déclencheur ?

David Medioni. Après avoir travaillé sur ce « ras-le-bol informationnel » d’une part croissante de l’opinion, nous nous sommes rendu compte que cette fatigue était peut-être aussi le résultat d’idées qui reviennent en permanence dans le débat public comme des évidences. Ces concepts - « archipellisation, individualisme, décivilisation… » - à force de tout envahir finissent par réduire à néant le débat...
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