Cet article est issu du magazine Les Dossiers de Sciences et Avenir n°219 daté octobre/ décembre 2024.
On les appelle - petits réacteurs modulaires - (small modular reactors, SMR) et "réacteurs modulaires avancés" (advanced modular reactors, AMR). Pourquoi modulaires ? Parce qu’ils peuvent être utilisés seuls ou en grappes, selon les besoins : production de chaleur ou d’électricité, dessalement d’eau de mer, propulsion de cargos. Les SMR sont en quelque sorte des versions réduites des réacteurs actuels, alors que les AMR font appel à d'autres concepts, pour certains expérimentés depuis des décennies.
Tous ont en commun de produire de l'énergie par fission : il s'agit de bombarder avec des neutrons de gros noyaux fissiles par exemple ceux de l'uranium 235 afin qu'ils se scindent en noyaux plus petits tout en libérant de la chaleur et d'autres neutrons, qui à leur tour provoqueront des fissions. Et tous visent une sécurité passive : ils doivent s'arrêter sans intervention extérieure en cas d'accident ou de coupure d'alimentation.
Dix à cent fois moins puissants que les réacteurs actuels qui fournissent entre 900 et bientôt, pour l'EPR de Flamanville, 1.650 mégawatts d'électricité (MWe, ou mégawatts électriques), SMR et AMR pourraient, dès la décennie prochaine, être produits par centaines, voire milliers, par assemblage de composants fabriqués en série, en usine, au lieu d'être construits sur site comme les réacteurs actuels. C'est en tout cas ce qu'espèrent les dizaines de start-up qui se sont lancées dans l'aventure ces dernières années, notamment aux États-Unis et en Europe, avec le soutien des pouvoirs publics et des acteurs du capital-risque.
Car l'enjeu est de taille. Des pans entiers de l'industrie pourraient avantageusement utiliser une énergie d'origine nucléaire produite au plus près de...
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