« Tous les Noirs de ce pays sont condamnés à être des artistes. » C’est apparemment la pensée d’Ira Aldridge, un acteur shakespearien noir du XIXe siècle, qui apparaît dans The Strangers d’Ekow Eshun. Pourquoi « prétendument » ? Parce qu’il n’y a aucune trace de l’affirmation d’Aldridge. Le livre d’Eshun, cependant, n’est pas un roman ; c’est de la « non-fiction créative ». Cette approche innovante, bien que couronnée de succès, contrariera néanmoins les historiens qui grimacent devant le recours à la spéculation plutôt qu’aux faits vérifiables pour présenter le passé.
Toni Morrison a soutenu que la vie des Noirs « est évoquée et écrite comme des objets de l’histoire, et non comme des sujets qui s’y trouvent ». Comment alors humaniser et enquêter sur la vie intérieure des personnages historiques en l’absence de sources ? C’est ...
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