Penser la culture postmoderne

André Baril - Le Devoir - 23/11
La mondialisation montre à quel point Jean-François Lyotard était au fait des tendances civilisationnelles émergente.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

Il y a 45 ans paraissait un rapport commandé par le Conseil des Universités du Québec. Rédigé par le philosophe français Jean-François Lyotard (1924-1998) et publié en 1979, La condition postmoderne contenait de fortes réflexions touchant la légitimité de l’ordre social existant ainsi que la formation et l’utilité du savoir dans la société contemporaine.

Aujourd’hui, il me semble souhaitable de revenir sur les caractéristiques de la culture postmoderne telles que présentées par Lyotard. Trop souvent, j’entends des gens associer le postmodernisme au wokisme, à une mode, au relativisme, à une fuite en avant, à l’obscure philosophie de la déconstruction, à la thèse suivant laquelle tout serait une affaire de construction sociale, etc.

Un retour au texte semble donc utile et même nécessaire, d’autant qu’une question irradiait les premières pages de La condition postmoderne, fabuleuse lumière pour les lecteurs : « Où peut résider la légitimité, après les métarécits ? »

Dès 1979, anticipant le haut développement scientifique et technique à venir, Jean-François Lyotard nous mettait en garde c...
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