Un an après le lancement de la campagne contre la fracture sanitaire en France, l’UFC Que Choisir dévoile un sondage inédit reflétant encore une fois les difficultés d’accès aux soins pour les Français. Comment expliquer cette situation ? Le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo, avance plusieurs raisons.
Dans un sondage exclusif qu’elle révèle aujourd’hui, l’UFC Que Choisir démontre encore une fois l’aggravation de la fracture sanitaire en France. Les Français les plus démunis sont aussi les plus touchés par cette difficulté d’accès aux soins.
Depuis de nombreuses années, l’association de consommateurs évalue l’accès aux soins des Français et constate sa dégradation progressive. Tous les quatre ans, son étude (la dernière a été réalisée en 2022) illustre concrètement l’accès aux différents médecins (généralistes et certains spécialistes).
Pour tenter de faire bouger les lignes, l’UFC Que Choisir a lancé, l'année dernière, sa campagne #MaSanteNattendPlus. Elle a également déposé un recours auprès du Conseil d’État, pour dénoncer "l’inaction de l’État pour résorber la fracture sanitaire".
Aujourd'hui, elle publie un sondage dans lequel "69 % des Français estiment leur accès aux soins comme s’étant récemment dégradé".
Les conséquences pour ces Français sont visibles et "très concrètes" selon l’association de consommateurs, qui dévoile que "45 % de nos concitoyens ont renoncé au cours de la dernière année à se soigner, que ce soit par manque de rendez-vous disponibles ou en raison de dépassements d’honoraires qu’ils ne pouvaient pas supporter".
Les plus modestes sont ainsi les grandes victimes de la situation, car "seulement 9 % des personnes dont les tranches de revenus annuels dépassent les 48 000 € se déclarent en mauvaise santé, alors que ce chiffre monte jusqu’à 19 % pour celles dont les revenus sont inférieurs à 24 000 €".
En parallèle, "42 % de ces dernières personnes déclarent de surcroît souffrir d’une maladie chronique, contre 34 % chez les plus aisés" révèle encore le sondage.
Aujourd’hui, l’association de consommateurs veut faire bouger les choses et avance pour cela plusieurs propositions :
Interrogé, le Dr Gérald Kierzek voit les choses différemment. "Ce n'est pas en mettant pistolet sur la tempe des médecins que cela réglera le problème. Il faut redonner de l'attractivité à la profession et aux territoires. Les médecins s’installent et arrêtent leur activité... Ils sont isolés, car les hôpitaux et les maternité de proximité ferment... comme les autres services publics".
Pour le médecin, "soigner requiert de l'empathie, pas de la contrainte". "Il faut que ce pays change de logiciel et comprenne que le système de santé doit faire à nouveau confiance à ses médecins. Car toutes les contraintes administratives, notamment, ont conduit à ces déserts médicaux". Avant de conclure : "N’oublions pas que si les médecins sont heureux, les patients le seront aussi".