Un tyran cruel et narcisse qui ordonna l’assassinat de proches pour s’accrocher au pouvoir : voilà le profil que l’on associe généralement à Néron, cinquième et dernier empereur de la dynastie julio-claudienne. Il n’est pas surprenant que cette image prévale. Les sources classiques présentent Néron comme un tyran dépravé obsédé par le sexe à la personnalité erratique dont l’ambitieuse mère, Agrippine la Jeune, contrôla en coulisses la vie et le règne. De manière curieuse, si les auteurs antiques se préoccupent surtout de l’égotisme impitoyable de Néron, la propagande politique produite à l’époque met plutôt en avant sa clémence. Bien que le gouvernement de Néron, en particulier dans ses dernières années, ait systématiquement persécuté les chrétiens et éradiqué les dissidents, l’Empire romain connut également sous règne l’un de ses plus grands âges d’or économiques et culturels.
Lorsque l’empereur Claude mourut soudainement en l’an 54, Néron, qui n’avait que seize ans, fut préféré à d’autres membres de la dynastie régnante des Julio-Claudiens pour lui succéder. Claude avait adopté Néron après avoir épousé Agrippine la Jeune, mère de Néron et nièce de Claude. En faisant de Néron son héritier, Claude relégua au second plan son fils biologique, Britannicus. Mais Néron jouissait de la faveur populaire et du soutien de la garde prétorienne.
C’est Agrippine, quatrième épouse de Claude, qui avait manœuvré pour placer son fils en position favorable. Elle avait persuadé Claude d’adopter Néron en 50, puis permis à son fils d’épouser Octavia, la fille de Claude, en 53. D’après les témoignages d’auteurs romains antiques, l’année suivante, lorsque Agrippine eut la certitude que la succession de Néron était assurée, elle aurait fait empoisonner son époux.
Cette peinture à l'huile de l'époque baroque représente Néron découvrant le corps de sa mère, Agrippine la Jeune, dont il a ordonné l'assassinat. Cette fin cruelle hanta l'empereur tout au long de sa vie et donna naissance à des histoires de fantôme qui ont traversé l'histoire romaine.
Ces auteurs antiques qui peignirent Agrippine en meurtrière et Néron en tyran cruel avaient peut-être des motivations cachées. Il est possible qu’ils aient été irrités par la bureaucratisation de l’administration impériale, qui avait ôté le pouvoir des mains de la classe sénatoriale à laquelle ils appartenaient. La suppression des impôts indirects ordonnée en 58 eut pour conséquence une plus grande participation de la plèbe dans le commerce, ce qui déplut également à...
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