Exil et persécution : l’histoire d’un Ouïghour pris dans les filets chinois

Infobae - 11/11
Il a fui la répression brutale pour découvrir, comme tant de réfugiés ouïghours, que le pouvoir de Pékin s'étend bien au-delà de ses frontières.
Des manifestants ouïghours affrontent la police anti-émeute alors qu'ils tentent de poursuivre un sit-in de protestation contre la Chine, devant le consulat chinois à Istanbul, Turquie (REUTERS/Dilara Senkaya)

« Quand j'étais enfant, quand les soldats arrivaient, je savais ce que je devais faire », se souvient Hasan Imam lors d'une conversation avec le New York Times. Il vivait à Kargilik, un petit village isolé du Xinjiang, entre le désert du Taklamakan et les montagnes Kunlun. Pour les enfants ouïghours non enregistrés comme lui, il suffisait d’entendre une porte claquer ou le vrombissement des motos du Parti communiste qui s’approchaient pour savoir qu’ils devaient courir. Imam et son jeune frère, l'autre « caché » de la famille, couraient vers la grange à foin derrière la maison. Ils se glissèrent dans un tas que le père avait dressé comme abri, presque un lit enfoncé dans le foin. Les frères restèrent là, sans respirer, écoutant les hommes parler et fouiller la maison. Ils ne sortaient qu'après leur départ, parfois après des heures où les petits somnolaient dans leur cachette.

Le président chinois Xi Jinping (Europa Press/Li Xueren)

Ce furent des années d’interdictions et de chiffres. Une nouvelle règle adoptée en 1988 a limité le nombre d'enfants que les familles ouïghoures pouvaient avoir : trois à la campagne, deux en ville. Imam était le cinquième enfant de la famille et, comme il n'était pas enregistré, il n'existait tout simplement pas aux yeux du gouvernement chinois. Personne ne devait savoir que c'était là ; S'ils l'avaient su, les parents auraient reçu de lourdes amende...
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