Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°933, daté novembre 2024.
Trois lettres (AVC) pour évoquer l'accident vasculaire cérébral, un fléau de santé publique qui survient en France toutes les quatre minutes, soit 150.000 fois par an, provoquant 30.000 morts. À l'échelle de la planète, les chiffres sont accablants : 16 millions de nouveaux cas chaque année, plus de 5 millions de décès. De plus, si 60 % des patients récupèrent leur autonomie, 40 % en gardent des séquelles majeures (hémiplégie, hémiparésie, aphasie) affectant leur quotidien. Sans oublier le handicap dit invisible, celui qui touche le comportement, la cognition, l'humeur.
Plusieurs raisons expliquent ce lourd bilan. D'abord, la méconnaissance et le déni - tant par les patients que par leur entourage - des signes avant-coureurs, qui conduisent à alerter trop tardivement. Ensuite, une pénurie de moyens et une inégalité d'accès aux structures de soins. Enfin, des mécanismes distincts dans les deux types d'AVC, ischémiques et hémorragiques, relevant pour chacun de traitements différents et que seule, à ce jour, l'imagerie réalisée en urgence (scanner, IRM) peut différencier.
Pour les AVC les plus fréquents (dits ischémiques, 80 % des cas), un caillot vient boucher une artère et le tissu cérébral qui n'est plus oxygéné meurt. Pour les autres (dits hémorragiques, 20 %), une artère se rompt et un hématome comprime alors le cerveau. Dans ces cas, il n’existe malheureusement à ce jour pas encore de traitement spécifique disponible. Mais la situation devrait rapidement évoluer.
Car pour la première fois, les résultats encourageants de deux études internationales, validant notamment l’évacuation chirurgicale de ces hémorragies, ont été présentés au 10 e congrès de l’organisation européenne contre l’AVC (European Stroke Organisation Conference), qui s’est déroulé à Bâle (Suisse) au printemps dernier, et publiés depuis dans des revues de référence. De plus, un programme de recherche national, dont l’objectif est justement de transformer le pronostic de l’hémorragie cérébrale en identifiant de nouvelles cibles thérapeutiques, vient tout juste de démarrer à Lille.
IDENTIFIER LES SYMPTÔMES : Faire (très) vite Toujours indolores et d'installation brutale et rapide, les signes sont nombreux et variables d'un patient à l'autre. Pour les repérer, on peut utiliser l'acronyme VITE : V comme visage déformé. Affaissement d'un des coins de la bouche, asymétrie quand la personne sourit, parle. Mais V aussi comme baisse de vision brutale, vue double. I comme impossibilité de bouger, un membre (bras, j...
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