L’éducation ne doit pas s’adapter à la techno-économie

Éric Martin - Le Devoir - 09/11
La plupart des récentes réformes impulsées dans le monde de l’éducation sont le fruit d’un rapport de domination.

Une fois par mois, Le Devoir d’éducation veut proposer des contributions enrichissantes, qu’elles proviennent de chercheurs et de praticiens du milieu de l’enseignement ou d’autres personnes qui ont réfléchi à l’état de notre système d’éducation.

« Il faut s’adapter. » Pas une journée ne passe sans que le professeur au collégial que je suis reçoive cette injonction à arrimer encore davantage qu’elle ne l’est déjà l’éducation au marché du travail et aux nouvelles technologies — surtout à l’intelligence artificielle, qui est aujourd’hui présentée comme la panacée.

Le monde change, nous dit-on, et nos étudiants évolueront dans un marché du travail peuplé de machines et de robots. Nous n’aurions donc pas le choix de les y préparer dès maintenant en intégrant ces mêmes machines à la salle de classe. Toute résistance serait futile. Je voudrais aujourd’hui faire valoir que l’avenir exige de nous une attitude qui préconise précisément l’inverse.

Le sociologue et philosophe Michel Freitag nous avait pourtant déjà mis en garde, au tournant des années 2000, sur la nécessité de résister à ces pressions adaptatives en soulevant les risques qu’elles pouvaient représenter pour l’éducation aussi bien que la société.

On disait alors déjà que l’éducation devait vite rattraper son prétendu « retard » à l’égard des « besoins de la société », sorte de mot-écran voulant surtout désigne...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...