Cet article est issu du magazine Les Dossiers de Sciences et Avenir n°219 daté octobre/ décembre 2024.
Onze millions de kilomètres carrés. C’est la taille du domaine maritime français, un terrain de jeu formidable pour déployer les énergies en mer. Avec pourtant du retard : celles-ci ne sont entrées qu'en 2022 dans le panorama national de l'électricité renouvelable. C'est à cette date, en effet, que le premier parc éolien offshore a été mis en service à une quinzaine de kilomètres au large de Saint-Nazaire. Ses 80 éoliennes de 6 MW fournissent aujourd'hui 20 % des besoins en électricité de la Loire-Atlantique.
Petite précision sémantique. Stricto sensu, les énergies marines renouvelables (EMR) désignent l'ensemble des solutions permettant de produire de l'électricité à partir de la mer vagues, courants, marées via la différence de température entre les eaux de surface et les eaux profondes, ou bien le gradient de salinité. Par abus de langage, on y associe la filière des éoliennes en mer, qui peuvent être posées lorsque le fond marin s'y prête, ou flottantes, arrimées néanmoins au plancher océanique par des lignes d'ancrage.
Ces deux types de filière énergétique marine et éolienne diffèrent par la source naturelle qu'elles exploitent, mais aussi par la maturité des technologies sous-jacentes. Alors que la première n'en est qu'à ses débuts, certes encourageants avec la mise à l'eau de démonstrateurs et le projet d'installations pilotes, la seconde bénéficie d'un retour sur expérience d'une quinzaine d'années.
Affichant des coûts de production faibles, l'éolien en mer posé est désormais compétitif par rapport aux autres énergies électriques. En 2024, cette filière industrielle présente une capacité de 1,5 gigawatt (GW) répartie équitablement entre trois parcs : Fécamp, Saint-Brieuc et, donc, Saint-Nazaire. Et les choses devraient s'accélérer car, en 2023, l'État a redéfini la cadence à suivre pour l'éolien offshore : une attribution d'appels d'offres de 2 GW par an au minimum, pour atteindre 18 GW de puissance raccordée au réseau à l'horizon 2035 et 45 GW en 2050. Soit possiblement 25 % de la production électrique française.
La France compte, en 2024, trois parcs éoliens posés en activité - soient 213 turbines - et trois en construction. Tous les autres projets EMR (énergies marines renouvelables) en sont aux phases préliminaires : ferme-pilote, site d'essai ou appel d'offres. Crédit : BRUNO BOURGEOIS
Cependant, s'il a le vent en poupe, "l'éolien en mer posé nécessite toujours des travaux de recherche et développemen...
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