Un gros fumeur peut-il retrouver une bonne santé cardiovasculaire à l’arrêt de la cigarette ? Oui, révèle une nouvelle étude, mais il va falloir pour cela être patient...
Arrêter la cigarette aujourd’hui c’est se donner plus de chance de rester en bonne santé demain. En plein "Mois sans tabac", une étude coréenne dévoile le temps nécessaire aux ex-fumeurs pour retrouver une santé cardiovasculaire comparable à des non-fumeurs. Résultat : les plus gros consommateurs mettraient plusieurs années à retrouver un risque cardiovasculaire acceptable.
La recherche, menée par des scientifiques sud-coréens et publiée dans la revue médicale JAMA, visait à connaître l’association existante entre la façon de fumer et le risque cardiovasculaire réel plusieurs années après un arrêt. L’étude de cohortes rétrospective (menée à partir de la base de données du Service national d'assurance maladie coréen) a ainsi comparé les données de 100 000 participants anciens fumeurs, à plus de 4 millions de non fumeurs et mis à jour celles-ci tous les deux ans entre 2006 et 2019, pour une analyse finalement réalisée en 2022.
Que dit-elle ? Que chez les "gros" fumeurs, c'est-à-dire ceux ayant fumé de manière intense pendant au moins 8 ans, le risque de maladies cardiovasculaires reste élevé longtemps après l’arrêt et perdure quelques années au même niveau que celui des fumeurs actuels. Seuls ceux ayant cessé de fumer depuis plus de deux décennies, environ 25 ans, voient leur risque progressivement diminuer pour rejoindre celui des personnes n’ayant jamais fumé.
Chez les fumeurs plus modérés en revanche, le risque cardiovasculaire avait tendance à diminuer plus rapidement après l’arrêt du tabac, "parfois en seulement quelques années". Une consommation modérée de tabac a donc des effets moins persistants sur le système cardiovasculaire.
En France, en 2021 environ 30 % des adultes français déclaraient fumer, selon Santé publique France, dont 25,3 % quotidiennement. Une bien mauvaise habitude, quand on sait que le tabac est responsable de près de 75 000 décès chaque année dans le pays, dont une grande partie sont liés à des maladies cardiovasculaires, telles que les crises cardiaques, les AVC et les insuffisances cardiaques.
Le tabac que l’on trouve dans une simple cigarette est en effet composé d’environ 7 000 substances chimiques, dont la nicotine en particulier, entraîne des augmentations du rythme cardiaque et de la pression artérielle. Le monoxyde de carbone, quant à lui, réduit les réserves d'oxygène dans le corps, et force le cœur à travailler davantage, le fatiguant inexorablement.
S’il faut 25 ans pour retrouver un risque cardiovasculaire normal, la fédération française de cardiologie rappelle tout de même que des effets positifs immédiats se voient tout de même dès l’arrêt du tabac. Ainsi :
Pour arrêter, l’opération annuelle Moi(s) sans tabac peut ainsi vous proposer de l’aide et accompagnement gratuit dans votre projet. Sachez aussi que la Sécurité sociale prend en charge certaines méthodes de sevrage, telles que les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles) ainsi que des consultations spécifiques de sevrage tabagique avec des médecins et des tabacologues pour mettre touts les chances de votre côté.