Les cimetières, traditionnellement dominés par des tombes en granit et un entretien intensif, se transforment peu à peu avec l'interdiction des pesticides dans l'espace public. L'évolution du regard de la société sur ces lieux de mémoire a fait naître une écologie urbaine qui favorise une végétalisation croissante. Entre biodiversité et respect du caractère funéraire, le cimetière doit-il s'ouvrir vers une nature plus spontanée, oscillant entre espace de recueillement et parc urbain ?
au sommaire
Fermez les yeuxyeux et imaginez un cimetière. Comment est-il ? Pour certains, ce sera de vieilles tombes recouvertes de moussesmousses entourées de feuilles mortes d'où jaillit parfois un écureuilécureuil... Pour d'autres, ce sera un alignement de tombes de granit rutilantes séparées par un gazon finement coupé, d'autres encore imaginent un endroit où reposent les morts et voguent les vivants, ici un passant, plus loin, une poussette...
Notre vision du cimetière dit beaucoup de notre rapport à la mort comme à la nature, et l'espace du repos éternel de nos morts est ainsi devenu, ces dernières années, un terrain de bataille idéologique.
Car depuis 2022, les cimetières, comme le reste des espaces publics, ne peuvent plus être désherbés avec des pesticides, ce qui a conduit certaines communes à entamer une réflexion de fond sur la place à accorder à la nature dans les cimetières communaux.
Le cimetière gris : les raisons d’un désamour
En la matière, les cimetières français sont déjà fort atypiques.
La meilleure façon de s'en rendre compte est sans doute d'aller voir ailleurs, pour saisir toute la spécificité du modèle national. Au regard de leur équivalent britannique ou américain, dominé par de vastes...
[Courte citation de 8% de l'article original]