Boris Becker ne peut pas perdre cette première finale disputée au Palais Omnisports de Paris-Bercy, car face à lui se dresse un invité surprise, l'Espagnol Sergio Casal, 100e mondial, plus habitué à être encore en lice en double, les derniers week-ends des tournois. L'Allemand s'impose sans perdre un set (6-4, 6-3, 7-6) et lance une grande histoire d'amour avec une salle où il remportera 22 de ses 23 premiers matches.
Cinq mois plus tôt, Henri Leconte s'est incliné en finale de Roland-Garros face à Mats Wilander, avant de lâcher une déclaration qui n'est pas passée auprès du public : « J'espère que vous avez compris mon jeu ». Il paye cher le malentendu dans l'Est parisien, où il est accueilli par les sifflets du public quand il se présente sur le court pour affronter John McEnroe. Une expérience douloureuse, avec une défaite au bout du compte (7-5, 6-1).
Amos Mansdorf vient de fêter ses 23 ans lorsqu'il remporte la troisième édition du tournoi en 1988, en surclassant l'Américain Brad Gilbert en finale (6-3, 6-2, 6-3). Son tournoi aurait dû commencer contre le n°1 mondial du moment, mais Mats Wilander a déclaré forfait. Mansdorf ne va pas perdre un set de la semaine. Un an plus tard, il atteindra son pic au classement ATP (18e) et il reste aujourd'hui considéré comme le meilleur joueur israélien de l'histoire. Le seul à avoir remporté un tournoi aussi important que Bercy.
Grande déception pour les spectateurs du Palais omnisports de Paris-Bercy, qui, au lieu d'un remake enthousiasmant de la dernière finale de Wimbledon, vont avoir droit à peine à une ébauche du duel. Boris Becker souffre d'une déchirure à la cuisse gauche et abandonne à 3-3 au premier set contre Stefan Edberg. Fini les services-volées. Circulez, il n'y a plus rien à voir.
Fabrice Santoro, 18 ans, héros de la qualification française pour les demi-finales de la Coupe Davis, est un candidat très sérieux au simple pour la finale qui approche à Lyon contre les USA. Mais voilà que le sort lui désigne son capitaine Yannick Noah pour premier adversaire. En semi-retraite, ce dernier le bat et lui fait vivre un cauchemar. Il ne jouera pas la finale...
Dans la dernière ligne droite d'une saison grandiose, qui l'a déjà vu remporter Cincinnati, Guy Forget se retrouve en finale en pratiquant son meilleur tennis. Face à lui, Pete Sampras, à un mois de la finale de Coupe Davis qui opposera la France aux États-Unis à Lyon. Mené deux manches à une, le Français finit fort (7-6 (9), 4-6, 5-7, 6-4, 6-4) et marque des points psychologiques. Il est le premier joueur français à remporter le Rolex Paris Masters. Un mois plus tard, il récidivera à Gerland pour offrir le Saladier à son pays.