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Rencontre avec Louane: «L’amour aide à avancer mais ne sauve pas»
Par Charlotte Vanbever - SudInfo -
19/10
Paradoxale. Au fil d’une conversation avec Louane, c’est le mot qui revient le plus souvent, celui qui la définit le mieux, acquiesce-t-elle. Désarmante de sincérité dans ses réponses et dans ses textes, à une époque où on ne dit jamais vraiment la vérité, Louane, 10 ans de carrière comme bagage et 5e album sous le bras, apprend à être plus douce envers elle-même, à assumer pleinement ses émotions, et s’amuse de son image changeante, mue par une irrépressible envie de profiter. Quelque part philosophe, déjà pas mal bousculée par la vie, elle se dit que, finalement, rien (ou presque) n’est grave car «rien ne dure»...
Louane, pour cet album, «Solo», vous dites avoir embrassé pleinement vos émotions. On avait pourtant l’impression que cela avait toujours été le cas, en tout cas sur vos deux albums précédents. Qu’est-ce qui a changé?
Je pense qu’effectivement j’ai toujours plus ou moins embrassé mes émotions. Mais je pense que je l’ai beaucoup étudié, et parfois mal exploré dans le sens où ça a commencé sur «Joie de vivre» où tout était tellement dans la recherche et dans une forme d’expression que je n’avais pas encore. Cet album avait finalement, un côté un peu éparpillé qui allait complètement avec qui j’étais à cette époque-là. L’album «Sentiments», c’était autre chose, j’y apprenais à assumer pleinement mes textes, à trouver le courage d’assumer le fait que la façon dont je voulais écrire était premier degré. En fait, le problème, c’est que j’avais super peur d’être trop premier degré. Cet album-ci, «Solo», du coup, c’est un peu mon album sans filet pour lequel j’étais totalement en confiance dans les bonnes périodes d’écriture, dans lequel je ne suis pas particulièrement plus authentique qu’avant, mais par contre, à 100% honnête.
Qu’est-ce qui vous faisait peur dans le fait d’être «premier degré»?
Très honnêtement, moi-même et le fait que je sache à quel point je suis une personne fragilisée… En fait non, ce n’est pas le bon mot, parce que je ne suis pas quelqu’un de fragile. Mais je pense que d’être quelqu’un de très optimiste et finalement profondément triste –ce qui à mes yeux n’est absolument pas un problème–, fait que j’avais peur que ce soit trop axé «dépressif».
La musique, avec des sons plus enjoués, plus électros, est aussi là parfois pour compenser ce côté triste…
Oui et en même temps, tu vois, j’avais tellement envie que la musique soit aussi paradoxale que moi, que j’avais besoin de cet entre-... [Courte citation de 8% de l'article original]
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