À Paris, un cycliste de 27 ans a perdu la vie, écrasé par un automobiliste de 52 ans. Si les faits sont glaçants, comment expliquer ce "moment de bascule", où la colère se transforme en violence ? La réponse de notre experte.
Ce mardi, un cycliste de 27 ans a été tué par un automobiliste, boulevard Malesherbes à Paris. Le conducteur aurait perdu son sang froid et aurait percuté selon les témoins, "volontairement" le jeune homme. Si les faits se confirment, comment expliquer un tel acte de violence sur la route ? Amélie Boukhobza, psychologue clinicienne, nous livre des éléments de réponse.
Les faits se sont déroulés mardi 15 octobre, peu avant 18 heures. Alors qu'un cycliste âgé de 27 ans se trouvait boulevard Malesherbes sur "une piste cyclable non séparée du reste de la voirie", précise nos confrères de chez BFM, il croise la route d'un homme âgé de 52 ans.
Ce dernier, qui emmenait sa fille de 16 ans à un rendez-vous médical, avait voulu gagner du temps en empruntant la voie cyclable. Mais les choses ne se passent pas comme prévues. L'homme fait chuter le cycliste et lui écrase le pied. Le cycliste s'emporte alors et tape sur le capot de la voiture. C'est à ce moment précis que l'automobiliste recule et écrase le jeune homme.
"Mon client, qui était avec sa fille à bord, est immédiatement sorti de la voiture pour secourir le cycliste quand il a compris ce qui venait de se passer, et il a tenté de le réanimer. Jamais il n'aurait roulé volontairement sur quelqu'un", confie l'avocat du conducteur, au micro de BFM.
Une version des faits, qui est différente de celle des témoins, eux, qui ont affirmé avoir perçu "une attitude volontaire du conducteur lors du mouvement de la voiture vers le cycliste". Si à l'heure actuelle, une enquête pour meurtre "a été ouverte" selon Actu paris, l'automobiliste, doit à nouveau être entendu aujourd'hui par les policiers.
Face à ce fait divers glaçant, Pierre Lagache, vice-président de la Ligue contre la violence routière, s'agace.
"La route, souvent, c'est le reflet de la société en pire", a-t-il déploré au micro de Franceinfo, le lendemain de la mort du cycliste. "Encore une fois, c'est un homme qui est impliqué dans les faits, a-t-il fait remarquer. En matière d'accidentalité, dans plus de 80% des cas, on a des comportements déviants qui sont de genre masculin".
Le préfet de police de Paris, lui, a pointé du doigt une "montée des violences" sur la route, "parfois pour des motifs qui sont extrêmement futiles".
Mais comment expliquer alors une telle agressivité sur la route, résultant souvent de simples différends ? Que dit-elle de notre société ? Et comment reprendre ses esprits au volant ? Amélie Boukhobza, psychologue clinicienne, nous éclaire.
Selon notre experte, la colère peut rapidement se transformer en acte de violence, si elle n'est pas maîtrisée à temps. En effet, lorsqu'une personne se trouve dans une situation de stress, comme c'est souvent le cas au volant, la frustration peut amplifier cette colère et submerger le jugement.
"Les violences routières, on en parle de plus en plus. Entre les klaxons, les insultes, les gestes déplacés, les délits de fuite... C’est de plus en plus compliqué de prendre la route ! Quand est-ce que la colère dépasse les bornes ? Ça commence souvent par un petit agacement, un imprévu sur la route et en quelques secondes, on se sent envahi par la colère. Le danger ? Quand cette colère devient dépasse une limite et devient totalement incontrôlable. En clair, quand on ne s’énerve plus seulement contre un comportement mais contre la personne elle-même. C’est là que ça dérape. On passe de la simple frustration à l’agression, parfois physique, le plus souvent verbale".
Face à la montée des agressions verbales et physiques sur la route, Amélie Boukhobza préconise de prendre "conscience de son état".