Qui étaient les femmes conquistadoras parties pour les Amériques ?

National Geographic - 14/10
Ces femmes, qui financèrent notamment des expéditions vers le Nouveau-Monde, étaient très influentes et se voyaient accorder davantage de pouvoir que leurs homologues restées au pays.

Parmi les nombreuses conquistadoras du 16e siècle figure Catalina de Erauso, qui quitta l’Espagne pour l’Amérique du Sud. Se faisant passer pour un homme et adoptant plusieurs noms masculins, elle combattit contre les Araucanos (aujourd’hui les Mapuches) lors des offensives coloniales espagnoles. Ce tableau datant du 20e siècle et réalisé par José Luis Villar la représente.

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Peu de personnes le savent, mais les femmes espagnoles ont joué un rôle clé dans la colonisation de l’Amérique grâce à leur capacité à affirmer leur pouvoir dans le Nouveau-Monde. Tout a commencé avec la reine Isabelle 1re de Castille, la première reine d’Espagne, qui finança l’expédition de 1492 de Christophe Colomb, celle-là même qui conduisit à la découverte des Amériques.

La reine Isabelle 1re de Castille, ici représentée dans un tableau du 19e siècle peint par Luiz de Madrazo, finança plusieurs expéditions coloniales transatlantiques, la première étant celle de 1492 menée par Christophe Colomb.

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Au total, des milliers de femmes espagnoles quittèrent leur Europe natale pour participer à des voyages transatlantiques vers le Nouveau-Monde. Tout comme leurs homologues masculins, elles durent affronter les épreuves en mer et faire face à de nombreux dangers à leur arrivée ; pourtant, les historiens et les fonctionnaires de la Couronne espagnole les mentionnent très rarement. Aux côtés des expéditionnaires masculins, elles ouvrirent les jungles, traversèrent des chaînes montagneuses et des déserts et naviguèrent sur des fleuves puissants. Elles contribuèrent à la construction de villes, s’investirent dans les affaires politiques et fondèrent des hôpitaux et des écoles. Certaines d’entre elles combattirent également contre les populations autochtones. Elles étaient mères de criollos (personnes de descendance européenne, nées dans les colonies espagnoles), mais aussi de mestizos (personnes métisses nées d’un parent espagnol et d’un autre d’origine autochtone) comme de nombreuses femmes autochtones.

 

DES FEMMES DÉCOUVREUSES

S’il est assez facile de retrouver le nom des hommes partis d’Espagne aux 16e et 17e siècles, c’est loin d’être le cas pour leurs homologues féminines. Selon les registres de la Casa de Contratación de Séville, qui s’occupait des affaires administratives en lien avec les voyages vers le Nouveau-Monde, quatre femmes faisaient partie des 1 500 personnes ayant embarqué pour la seconde expédition de Christophe Colomb en 1493 : María Fernández, « servante de l’amiral [Colomb] » ; María de Granada, dont on ne connaît que le nom ; et les marchandes Catalina Rodríguez, « originaire de Sanlúcar » et Catalina Vázquez.

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    Ce tableau réalisé par Alonso Sánchez Coello représente la ville de Séville au 16e siècle, d’où sont parties des femmes espagnoles pour les Amériques.

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    Elles étaient trente lors de la troisième expédition de Colomb, qui est partie de Sanlucár de Barrameda, dans le sud de l’Espagne, en mai 1498. Certaines d’entre elles étaient les épouses d’expéditionnaires, à l’instar de Catalina de Sevilla, qui semble s’être déclarée avec son mari, Pedro de Salamanca. Les fonctionnaires de la Casa de Contratación délivrèrent également des licences d’embarquement à des voyageuses plus atypiques, dont une prostituée, Gracia de Segovia, et, aussi étonnant soit-il, deux femmes roms, Catalina et María d’Égypte (alors que leur groupe ethnique était persécuté dans l’Espagne du 16e siècle, celles-ci faisaient partie des premières personnes à qui...
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