"Un anéantissement total (...) Je me demande comment nous avons survécu", confesse Jean-Marie Villemin, le père du bambin de quatre ans, dans "Grégory" (Les Arènes), un roman graphique sorti tout récemment, comme tant d'ouvrages consacrés à cette affaire tentaculaire.
"17.765 pièces de procédure, 42 tomes, sept magistrats instructeurs", résume pour l'AFP Philippe Astruc, procureur général à Dijon, où l'enquête est encore instruite.
Le 16 octobre 1984, le corps noyé du "petit Grégory" est découvert ligoté dans la Vologne, une rivière des Vosges. "Voilà ma vengeance - Pauvre con", revendique une lettre anonyme adressée au père par un "corbeau" qui harcèle depuis plusieurs années la famille de Jean-Marie Villemin, 26 ans, et son épouse Christine, 24 ans.
L'enquête s'oriente vers le "clan" Villemin. Sous la pression de journalistes avides, dont l'un ira jusqu'à cacher un micro dans l'armoire d'un membre de la famille, Jean-Michel Lambert, juge d'instruction d'Épinal de 32 ans à l'allure d'étudiant en droit, veut briller pour son premier poste.
Et il fait vite: moins de trois semaines après la mort de Grégory, Bernard Laroche, un cousin du pè...
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