Oubliez les constellations de satellites, les centaines de lancements de SpaceX et les notions de «cloud» ou de sans-fil: tout cela tend à nous faire croire que nos smartphones, ordinateurs et autres machines sont liés les uns aux autres via l'espace. Or il n'en est rien. Les satellites représentent à peine 1% des échanges de données.
La raison est simple, ils coûtent beaucoup plus cher que les câbles et sont infiniment moins rapides. L'essentiel –près de 99% du trafic total sur internet– est assuré par les lignes sous-marines, véritable «colonne vertébrale» des télécommunications mondiales. Il en existe plus de 420 dans le monde, totalisant 1,3 million de kilomètres, soit plus de trois fois la distance de la Terre à la Lune. Le record: 39.000 kilomètres de long pour le câble SEA-ME-WE 3, qui relie l'Asie du Sud-Est à l'Europe de l'Ouest en passant par la mer Rouge.
On estime que plus de 10.000 milliards de dollars de transactions financières quotidiennes, soit quatre fois le PIB annuel de la France, transitent aujourd'hui par ces «autoroutes du fond des mers». C'est notamment le cas du principal système d'échanges de la finance mondiale, le SWIFT. La sécurité de ces transactions est une question politique, économique et sociale. C'est un enjeu majeur qui a longtemps été ignoré.
Avec trente-six nouveaux câbles, l'année 2020 fut marquée par un nombre record de déploiements.
Or, l'extrême concentration géographique des câbles, notamment au niveau de leur point d'atterrissement (Marseille, ...
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