Date : 07 octobre 2024 à 09:38
Un petit rappel historique de l’ingérence algérienne nous ramène à la guerre des sables entre le Maroc et l’Algérie et à la grande marche verte du Roi Hassan II sur le Sahara occidental. Désireux d’intégrer le Sahara espagnol au Maroc, le souverain marocain Hassan II entame une « marche verte » en traversant la frontière du Sahara occidental. Il est suivi par quelques 350.000 marcheurs volontaires, pour la plupart pauvres et munis uniquement du Coran. Cette marée humaine prend le contrôle symbolique du territoire. Entre-temps, un accord tripartite est conclu avec l’Espagne et la Mauritanie pour le transfert du contrôle du territoire. Il permet à l’Espagne de se retirer, tout en conservant ses investissements dans les mines de phosphates. Selon cet accord, le Maroc reçoit deux tiers du territoire (la partie nord) et la Mauritanie l’autre tiers (la partie sud). Le Maroc prend possession du territoire au début de 1976 et convoque une assemblée de tribus qui reconnaissent sa souveraineté. En 1979, il profitera du départ de la Mauritanie pour annexer la partie sud. Toutefois, l’opposition d’un mouvement indépendantiste, le Polisario, et celle d’autres pays africains (Algérie, Libye), entraîneront un conflit durable. Le 24 août 2021, les deux pays, qui partagent près de 1600 kilomètres de frontières, ont finalement rompu toute relation diplomatique. Et l’Algérie a cessé de fournir du gaz à son voisin. L’Algérie pourrait être tenté par la même aventure en prétextant fournir une aide humanitaire à la population de Tinzaouatin, mais également pour chercher à percer les lignes ennemies dressées face à elle pour l’empêcher de renforcer son influence dans la région, sachant que Tinzaouatin est confrontée actuellement à de nombreux défis humanitaires, notamment l’insécurité alimentaire, la pénurie d’eau et le manque d’accès aux soins. Pour ce faire, la présence de la CMA à Tinzaouatin aux côtés des militaires et personnel soignant de l’Algérie a des implications directes sur l’instabilité dans cette partie du Mali et de la sous-région. Car à la vue des dynamiques qui pourraient remettre en question la reconquête entière du territoire malien par les Fama, la mise en route de nouvelles négocia...