« J’habite le Cabellou depuis très longtemps. Avant de quitter ce monde, j’aurais bien aimé faire le tour de la Presqu’île librement », lance Jeanine, 93 ans, vêtue de son ciré jaune. Ce dimanche matin, malgré la pluie cinglante et le vent tempétueux, Jeanine comme 140 autres manifestants, n’aurait pour rien au monde raté la deuxième marche citoyenne organisée par le collectif pour l’ouverture du sentier côtier du Cabellou à Concarneau (Finistère). Un sentier de près trois kilomètres pour partie fermé aux piétons en raison des nombreuses propriétés du bord de mer qui ne respectent pas la servitude de passage obligatoire.
« Cela fait 48 ans que nous attendons. Nous n’en pouvons plus de ces lenteurs administratives et de l’obstruction de certains propriétaires qui ne veulent pas céder une partie de leur terrain pour laisser passer les piétons. Sur des centaines de mètres, il est encore impossible de passer. On doit descendre sur les rochers, ce qui est très dangereux », s’emporte un marcheur sûr de son droit.