Le discours de Keir Starmer lors de la conférence aurait dû être un tour d’honneur sans équivoque. Le voilà, Premier ministre travailliste pour la première fois depuis 14 ans, tirant sa révérence. Mais son adresse ne fut pas sans incident. Avec l’urgence dans la voix, il a appelé au retour des « saucisses » toujours retenues captives en Israël. Puis, à la fin de son discours, il est allé embrasser sa femme, Victoria.
Dans la politique moderne, embrasser son conjoint en public est généralement considéré comme un moyen d’afficher un côté plus doux. En théorie, cela rappelle que derrière toute cette politique aride et toute cette politique politique se cache un être humain ordinaire. Après tout, qui d’entre nous n’a pas envie d’embrasser son partenaire devant quelques milliers de personnes dans un auditorium et peut-être même quelques-unes devant la télévision ?
Le problème des Starmers hier résidait dans l'exécution plutôt que dans le principe. Le baiser était quelque chose de guindé et maladroit. Victoria a fait sa part, avec une étreinte autour de la tête, mais son mari n'a pas réussi à se montrer à la hauteur, lui offrant plutôt un bisou aux lèvres fines, comme un pingouin testant une nouvelle source de nourriture.