An-Nahar, Liban, 6 septembre
La visite du président égyptien Abdel Fattah El-Sissi à Ankara la semaine dernière était loin d’être un événement ordinaire ou éphémère. Il s’agit d’un moment important dans le paysage géopolitique actuel, tant pour l’Égypte que pour la Turquie. Ces deux pays sont des acteurs clés dans le bassin oriental de la Méditerranée, la Turquie constituant la frontière maritime au nord et l’Égypte celle au sud.
Leurs liens historiques remontent à plusieurs siècles, notamment depuis la victoire du sultan ottoman Selim II [sic, Selim I] sur le sultan mamelouk Al-Ashraf Qansuh al-Ghuri en 1516 jusqu'au début de l'invasion française de l'Égypte en 1798 – près de 300. années. L’influence ottomane, bien que décroissante, a persisté en Égypte à travers les coutumes et les traditions jusqu’en 1882, lorsque l’occupation britannique a commencé, et a complètement disparu avec l’effondrement de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale en 1918.
Deux points essentiels ressortent ici : premièrement, l’Égypte et la Turquie sont les pays les plus peuplés du bassin oriental de la Méditerranée, l’Égypte abritant plus de 110 millions d’habitants et la Turquie environ 90 millions. Une majorité significative de leur population est composée de musulmans sunnites. Deuxièmement, l’Égypte contrôle le canal de Suez, une route maritime essentielle reliant l’Asie de l’Est et l’Europe, tandis que la Turquie gouverne le Bosphore, un passage crucial reliant la mer Noire à la Méditerranée et essentiel aux opérations navales russes. Cette symbiose géographique et historique souligne le rôle crucial que jouent les deux nations sur les rives sud-est et nord-est de la Méditerranée.
Si l’on examine l’histoire récente des relations entre l’Égypte et la Turquie, la dernière décennie a été semée de désaccords profonds. Les tensions ont culminé après la chute du président Mohammed Morsi et l’accession au pouvoir d’El-Sissi, issu de l’establishment militaire égyptien. Sous le président Recep Tayyip Erdogan, la Turquie a critiqué et opposé le nouveau gouvernement égyptien, principalement en raison de l’effondrement du régime des Frères musulmans en Égypte.
Cependant, des signes de détente sont apparus au cours des trois dernières années, alors qu’Ankara a révisé sa politique régionale, notamment ...
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