«Harry Potter» est aussi une saga sur le nazisme

Nicolas Méra - Slate FR - 13/09
L'autrice J.K. Rowling emprunte à de nombreux chapitres historiques, mais un fil rouge lie son œuvre: l'ombre de la Seconde Guerre mondiale et du…

Façonné par l'écrivaine britannique Joanne K. Rowling, l'univers de Harry Potter est un curieux mélange des genres, une potion magique où l'histoire mijote volontiers avec la mythologie et la fantasy. Relier la saga à une période déterminée s'avère difficile, puisqu'elle emprunte à plusieurs chapitres historiques: elle pioche notamment dans le bestiaire médiéval, bruissant de griffons et de dragons, pour peupler les mondes magiques. Le Moyen Âge s'incarne également à travers des personnages mystiques (comme Nicolas Flamel, un érudit français du XIVe siècle qui avait la réputation de verser dans l'alchimie) ou des institutions telles que le Wizengamot (Magenmagot en français), le tribunal des sorciers, calqué sur le Witenagemot, une assemblée de notables présidant en Angleterre entre le VIe et le XIe siècle.

Des références plus diffuses à L'Iliade ou L'Odyssée, aux œuvres de Shakespeare ou des sœurs Brontë, aux oracles antiques et aux vieilles pratiques rituelles sont éparpillées entre les sept tomes de la saga, servant moins d'allégories que de matière pour peupler et crédibiliser le chaudron foisonnant d'Harry Potter. Cependant, du propre aveu de l'autrice, une référence historique traverse, comme un fil rouge, l'intégralité de sa fresque magique: l'ombre de la tyrannie nazie et la résistance civile à l'oppression.

Le Seigneur des Anneaux et la Première Guerre mondiale, Batman et la Grande Dépression des années 1930, Stranger Things et la Guerre Froide… Dans Godzilla est né à Hiroshima – La vraie histoire des icônes de la pop culture, paru le 12 septembre aux éditions First, Nicolas Méra explore livres, films et séries pour y trouver des fragments de notre histoire, du colonialisme au fé...
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