Le dernier roman du romancier français Michel Houellebecq, Sérotonine de 2019, a pratiquement mis le lecteur au défi de l'abandonner. Le narrateur amer et sectaire Florent-Claude Labrouste a pulvérisé du venin dans toutes les directions, mais a réservé le pire à sa femme japonaise, quasi silencieuse et spectaculairement infidèle – une femme dont les infidélités s'étendaient non seulement à des chambres entières d'hommes, mais à un moment donné à une salle pleine d'hommes. chiens.
Aussi répugnant que soit une grande partie de ce matériel, Houellebecq a extrait des eaux usées un roman d'une émotion inattendue. Brûlant sa fureur dans le feu de sa première moitié, Sérotonine a évolué dans ses derniers passages vers une œuvre de chagrin élégiaque et aliéné, même si elle a conservé, dans son audacieuse fouille psychologique du mouvement des gilets jaunes alors naissant, l'œil aiguisé de Houellebecq pour fissures culturelles contemporaines.
Le dernier roman de Houellebecq (et, selon lui, le dernier) semble émerger des conséquences émouvantes de Sérotonine. Largement purgé de la provocation et du désagrément joyeux de ses travaux antérieurs, Annihilation se sent plutôt imprégné d’un type particulier de tristesse – accab...
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