J'y suis allé, j'ai vu et j'ai écrit : Les yeux fermés

Infobae - 12/09
Gisèle P. n'a jamais vu les visages ni les corps de ceux qui l'ont violée et humiliée. Cet article reproduit le bulletin Culture : lectures, cinéma, théâtre, art, musique et histoires qui suscitent l'enthousiasme et, pourquoi pas, la fascination ou la perplexité.
Un manifestant tient une pancarte indiquant "Tous avec Gisèle Pélicot", lors d'une manifestation contre Emmanuel Macron à Lyon, France (Hans Lucas/Reuters)

Bonjour.

Celui d'aujourd'hui est un envoi unique, légèrement plus court et en dehors des sujets habituels. Et cela fait plusieurs jours que je suis obsédé par un sujet et j'ai du mal à penser à autre chose.

Je vais vous expliquer.

Le collectionneur

Les journalistes ne travaillent jamais, mais parfois, même moi, j'oublie. C'est probablement pour cela que je me suis rendu à Rosario pour participer à deux activités à la Foire du livre locale et que j'ai laissé le cahier à la maison : que pourrait-il arriver ? Mais c'est arrivé.

Vous en avez peut-être déjà vu ou lu une partie. Cela s'est produit en France : un homme aujourd'hui âgé de 73 ans a drogué sa femme (aujourd'hui ex-femme de 72 ans) avec des somnifères et des anxiolytiques pendant une décennie afin qu'elle soit violée par des inconnus. Plus de 80 hommes contactés sur un site Internet par Dominique Pelicot ont accepté l'invitation à abuser de toutes les manières possibles d'une femme grande et inconsciente. Une femme qui était sa petite amie à 19 ans, qui était son épouse, qui est la mère de ses trois enfants et la grand-mère de ses sept petits-enfants.

Illustration de Dominique Pelicot, qui a conçu le plan par lequel il a drogué sa femme pendant dix ans pour qu'elle soit violée par des inconnus qu'il recherchait sur Internet. (Photo : Benoît PEYRUCQ / AFP)

Avec une addiction de collectionneur, Pélicot enregistrait tout et classait les cassettes. Ils l'ont découvert pour une autre raison : ils l'ont surpris en train de photographier et de filmer trois femmes alors qu'il cherchait ce qu'il y avait sous leurs jupes. Dès lors, il a été arrêté et a commencé l'enquête qui le place aujourd'hui sur le banc des accusés avec 51 des hommes identifiés parmi ceux qui l'ont accompagné dans la bacchanale des aberrations.

Eh bien, c'est sur ce sujet que mes patrons d'Infobae m'ont demandé de commencer à écrire et c'est comme ça que ça s'est passé : à Rosario, en pleine Foire et sans mon propre cahier. Fer, un adorable responsable culturel de Rosario, est venu à mon secours après avoir désespérément cherché un outil pour me mettre au travail. J'ai écrit le premier mot samedi soir, plutôt tôt le matin, dans le cahier de son fils de 14 ans, fan de Ñuls.

Les autocollants Messi et Maradona m'ont remonté le moral depuis le clavier.

Guillaume de Palma, avocat de six des accusés du viol de Gisèle Pelicot, défend qu'"il y a des viols et des viols" (AFP)

"Il y a des violations et des violations"

J'ai écrit cet article après une merveilleuse conversation avec Martín Kohan sur « Littérature et politique » dans l'auditorium Angélica Gorodischer du Centre Cul...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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