Pourquoi reste-t-il si peu d’obélisques en Égypte ?

National Geographic - 07/09
Les pharaons érigeaient autrefois ces monolithes uniques en leur genre en l’honneur du dieu solaire Rê. Ces monuments ont gagné en popularité et se sont retrouvés partout dans le monde

L’une des « aiguilles de Cléopâtre », un obélisque égyptien de 224 tonnes enrobé de hiéroglyphes, peut aujourd’hui être admirée non au Caire, mais à Londres. Les anciens Égyptiens laissèrent derrière eux un magnifique patrimoine culturel, témoin de leur civilisation trimillénaire. Il ne fait aucun doute que l’obélisque en constitue l’une des expressions monumentales les plus caractéristiques. Pourtant, il n’en subsiste que peu en Égypte de nos jours. Cette haute colonne fuselée était souvent disposée par paire devant les entrées des temples. À l’origine érigé en l’honneur du dieu Rê, l’obélisque devint rapidement populaire en Égypte et ailleurs, à la fois trésor de guerre, présent de nation à nation et morceau d’histoire que les dirigeants cherchaient à s’approprier.

Le premier étranger connu pour avoir été un admirateur de l’obélisque fut le roi assyrien Assurbanipal (r. 669-627 av. J.-C. environ). Après avoir mis Thèbes à sac en 664 avant notre ère, il en fit transporter une paire dans son palais royal de Ninive, en actuel Irak. La Rome impériale possédait plusieurs obélisques : certains prélevés en Égypte, d’autres fabriqués sur place. De nos jours, on trouve des obélisques égyptiens à New York, à Istanbul et à Paris.

Pyramidion d’un obélisque commandé par la reine Hatchepsout vers 1470 avant notre ère.

PHOTOGRAPHIE DE Alamy, ACI

Les Grecs nommèrent obeliskos ces monuments, mot qui signifie « petites colonnes pointues ». En revanche, les Égyptiens les appelaient tekhen, mot à l’origine incertaine. Généralement faits de granite, les obélisques ont une base carrée et deviennent légèrement plus étroits à mesure qu’ils s’élèvent. Leur sommet est surmonté d’une petite pyramide, le pyramidion, ainsi que les Grecs l’appelaient.

Pour refléter les rayons du Soleil, le pyramidion était parfois recouvert d’or ou d’électrum, un alliage naturel d’or et d’argent. Les Égyptiens nommaient le pyramidion benben, ce qui signifie « briller, rayonner ». Il symbolisait la Butte primordiale, le siège duquel Atoum (une manifestation d...
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