- L'arrestation de Durov marque un changement dans les relations avec les chefs de la technologie
- L'unité de Brousse s'attaque à sa plus grande cible de tous les temps
- Des experts juridiques remettent en question l'argument de l'accusation
PARIS, 29 août (Reuters) - L'enquête sur le patron de Telegram, Pavel Durov, qui a tiré un coup de semonce aux titans mondiaux de la technologie, a été ouverte par une petite unité de cybercriminalité du parquet de Paris, dirigée par Johanna Brousse, 38 ans.
L'arrestation de Durov, 39 ans, samedi dernier marque un changement significatif dans la manière dont certaines autorités mondiales pourraient chercher à traiter les chefs de la technologie réticents à contrôler les contenus illégaux sur leurs plateformes.
L'arrestation a démontré le courage de l'unité de cybercriminalité J3, mais le véritable test de ses ambitions sera de savoir si Brousse peut obtenir une condamnation basée sur un argument juridique largement non vérifié, ont déclaré les avocats.
Dans une démarche sans précédent contre un grand PDG du secteur technologique, les procureurs ont fait valoir que Durov portait la responsabilité de l'illégalité présumée de sa plateforme, le plaçant ainsi sous enquête officielle pour crime organisé. Il est soupçonné de complicité dans la gestion d'une plateforme en ligne permettant la diffusion d'images d'abus sexuels sur des enfants, de trafic de drogue et de fraude.
L'avocat de Durov a déclaré jeudi qu'il était "absurde" qu'il soit tenu pour responsable et que l'application respectait les lois européennes, faisant écho à une déclaration antérieure de Telegram lui-même.
Être placé sous enquête formelle en France n'implique pas de culpabilité ni ne mène nécessairement à un procès, mais indique que les juges estiment qu'il existe suffisamment de preuves pour poursuivre l'enquête. Les enquêtes peuvent durer des années avant d’être jugées ou abandonnées. Durov est libéré sous caution, mais il lui est interdit de quitter la France.
L'unité de Brousse a commencé à enquêter sur Durov plus tôt cette année après avoir constaté que son application était utilisée pour d'innombrables crimes présumés, et de plus en plus frustrée par "l'...
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