- La Russie a infligé une amende à Telegram et a tenté de le fermer
- Durov a imputé la décision de quitter le pays aux pressions du Kremlin
- Une enquête française fait fureur en Russie
- Les politiciens accusent l’Occident de faire deux poids, deux mesures
- Inquiétudes concernant les implications de sécurité de l'enquête
LONDRES, 29 août (Reuters) - Quelques jours après que des hommes armés ont tué 145 spectateurs dans une salle près de Moscou en mars, suite à des allégations selon lesquelles les assaillants avaient été recrutés sur Telegram, le Kremlin a adressé un sévère avertissement à son fondateur.
"Nous attendons davantage d'attention de la part de Pavel Dourov, car cette ressource unique et phénoménale (...) devient de plus en plus un outil entre les mains des terroristes", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Cinq mois plus tard, alors que les procureurs français poursuivent une enquête sur le fondateur et patron de Telegram, Durov, pour utilisation de l'application de messagerie à des fins de fraude, de trafic de drogue, de blanchiment d'argent et d'autres formes de crime organisé, Moscou a changé sa position publique à l'égard de l'entrepreneur technologique.
Alors que certains Russes saluent désormais Durov comme un héros de la liberté d'expression, Peskov a déclaré jeudi que les poursuites contre lui ne devraient "pas se transformer en persécution politique".
S'adressant aux journalistes, il a ajouté : "Nous savons que le président français (Emmanuel Macron) a nié tout lien avec la politique, mais d'un autre côté, certaines accusations sont portées. Nous verrons ce qui se passera ensuite."
Certains législateurs russes ont affirmé, sans fournir de preuves, que le procès contre Durov avait été orchestré par Washington. Une source au parquet de Paris a déclaré que l'enquête n'avait aucun lien avec les États-Unis et que Macron n'avait pas été prévenu de son arrestation.
"Pavel Dourov reste l'otage de la 'dictature de la démocratie' de l'Occident collectif", a écrit sur Telegram Leonid Slutsky, chef d'un parti parlementaire pro-Kremlin.
Cette fureur a donné à la Russie l’occasion de poursuivre une ligne d’attaque privilégiée : l’Occident, tout en prétendant défendre des valeurs telles que la liberté d’expression, est en réalité animé par un désir de vengeance de saper la Russie.
Ksenia Ermoshina, chercheuse au Citizen Lab de l'Université de Toronto et au Centre Internet et société de l'institut...
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