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Le tabou du deuil périnatal, un supplice pour les parents
Claire Larroque - Slate FR -
15/10
[TRIBUNE] Les parents de nouveau-nés décédés devraient être accompagnés, épaulés. Au lieu de cela, ils sont confrontés à la dénégation de toute une société.
Temps de lecture: 4 min
«On m'a dit: “Votre enfant est mort”. C'était une heure après l'accouchement. [...] Les gens disaient: “Ce n'est pas si terrible à la naissance, il vaut mieux ça.” Était-ce terrible? Je le crois. Précisément, ça: cette coïncidence entre sa venue au monde et sa mort. Rien. Il ne me restait rien. Ce vide était terrible. Je n'avais pas eu d'enfant, même pendant une heure.»
Quelques mots de l'autrice de Barrage contre le Pacifique pour dire sa douleur infinie de mère face à la mort de son bébé. Un cri étouffé. Injonction à faire comme s'il ne s'était rien passé. Pourquoi est-il encore si difficile, dans nos sociétés contemporaines, d'évoquer le deuil périnatal, de donner une place aux enfants nés sans vie, à ceux morts lors de l'accouchement ou lors des premiers jours?[1] Les parents endeuillés souffrent du décès de leur enfant dans une grande solitude. En ne pouvant pas parler de leur enfant décédé, les parents le voient alors sombrer dans l'oubli et mourir une seconde fois. Pourquoi ce sujet relève à ce point de l'innommable?
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