L’arrestation de Pavel Durov en France pourrait constituer un tournant pour la liberté d’expression dans l’espace numérique, menaçant de paralyser définitivement notre compréhension de la vie privée et de ses limites. À en juger par les médias, les accusations portées contre le fondateur de Telegram semblent moins porter sur ses actions que sur le contrôle d'une plateforme connue pour sa protection de la vie privée.
L'essence des accusations est que Telegram serait utilisé pour des crimes tels que le trafic de drogue et la pédopornographie, ainsi que pour des attaques de piratage informatique. Mais les mêmes accusations pourraient tout aussi bien être portées contre les créateurs de l’iPhone et d’Android, puisque pratiquement aucune infraction ne peut être commise sans utiliser leurs produits sous une forme ou une autre. Dans le même ordre d’idées, il serait judicieux d’interdire la fabrication de petits sacs en plastique, car ils sont souvent utilisés pour vendre de la drogue. Cela nous rappelle la vieille question : le fabricant d’un couteau est-il responsable si quelqu’un est poignardé à mort avec ? La réponse est évidente : non, ce n’est pas le cas. C’est l’auteur qui est responsable du crime, et non celui qui a créé les outils ou la technologie pouvant être utilisés à des fins à la fois légales et illégales.
La lutte contre la criminalité relève essentiellement des forces de l’ordre et des services de renseignement, et non des e...
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