En lisière du plateau de Gizeh, les lignes épurées du bâtiment de verre et de béton se détachent sur le ciel limpide. Le Caire n’est qu’à deux kilomètres, mais la bouillonnante capitale, ses 22 millions d’habitants, ses rues à l’atmosphère saturée par la pollution, semblent bien loin. En approchant, on découvre une interminable façade couverte de motifs triangulaires, écho aux célèbres pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos qui attirent chaque année dans ce site collé à la métropole cairote des millions de visiteurs. Et passée une large esplanade, face à la porte de 40 mètres de haut, le doute n’est plus permis : le Grand Musée égyptien (GME), quand il ouvrira, sera digne des pharaons.
En franchissant le seuil de la nouvelle fierté de l’Égypte, on est soufflé par la démesure du lieu. "La première fois, je me suis dit : “Mon Dieu, comment allons-nous remplir tout cela ?”", se souvient Tanja Zöllner, scénographe allemande qui a travaillé pour le GME.
L’atrium est si vaste que même la statue de Ramsès II qui y tient le rôle d’hôtesse d’accueil, 11 mètres de haut, 80 tonnes et 3 200 ans d’âge, semble empreinte d’humilité. Au-dessus d’elle, le plafond laisse passer les rayons du soleil, qui éclairent le visage du troisième pharaon de la XIXe dynastie tous les 22 février, jour de son couronnement. À gauche, un escalier monumental de 108 marches se déploie sur 6500 mètres carrés, jalonnés de statues de dieux et de souverains – une évocation des allées qui, dans l’Antiquité, menaient aux temples. Il dessert les galeries de l’étage et une grande baie vitrée qui donne sur les douze hectares de jardins et sur les fameuses pyramides auxquelles le musée sera bientôt relié...
[Courte citation de 8% de l'article original]