Luis Fernando Camacho : « Luis Arce utilise la force de l'État pour limiter l'action politique d'Evo Morales »

Infobae - 27/08
L'homme politique bolivien est détenu pour sa participation au soulèvement populaire qui a forcé la démission d'Evo Morales en 2019. Depuis sa cellule, il analyse la politique bolivienne, la crise interne du MAS et propose l'unité pour les prochaines élections.
Image d'archive du gouverneur de la région orientale de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho. EFE/Juan Carlos Torrejon

Luis Fernando Camacho, l'opposant bolivien qui a dirigé les manifestations qui ont chassé Evo Morales du pouvoir en 2019, a répondu à un questionnaire envoyé par Infobae au centre pénitentiaire de Chonchocoro, à El Alto, où il est détenu depuis fin 2022 dans le cadre des enquêtes dans le soulèvement populaire qui a conduit au renversement de Morales.

Le chef de l'opposition s'est fait connaître dans la politique bolivienne en tant que président du Comité civique de Santa Cruz, lors des mobilisations de 2019, et est devenu l'une des figures les plus marquantes de l'opposition en Bolivie. Cependant, près de cinq ans après ces événements, son leadership a été neutralisé et il a perdu du poids dans la politique nationale.

En 2020, il est arrivé troisième aux élections présidentielles mais en 2021, il a remporté la candidature au poste de gouverneur de Santa Cruz. Le 28 décembre 2022, un groupe de policiers a bloqué le passage de son véhicule, brisé la vitre et maîtrisé ses agents de sécurité avec des gaz lacrymogènes pour l'arrêter et le transporter à La Paz dans une action que ses partisans ont définie comme un « enlèvement ». À la suite de son incarcération, il a dû confier le commandement du département au lieutenant-gouverneur, qu'il accuse de s'être allié avec le parti au pouvoir. Il en va de même avec certains membres de son banc législatif, qui, en plus d'être minoritaire, a eu plusieurs dissidents, ce qui lui rend impossible de fixer un agenda mais d'articuler des alliances avec d'autres partis.

Dans cette interview, il analyse la situation politique du pays, se montre optimiste pour les prochaines élections et offre son point de vue sur le Venezuela, qui diffère de la position officielle de son pays.

-Comment évaluez-vous le moment politique que traverse le pays ?

-C'est le dernier moment du cycle de l'autoritarisme populiste socialiste. Aujourd'hui, le pays est plongé dans une très grave crise économique et le...
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