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Alzheimer : L’Europe bloque un traitement très attendu et autorisé aux USA
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30/07
L’Agence européenne des médicaments a refusé la commercialisation du Leqembi, très attendu contre la maladie d’Alzheimer. Pourquoi un tel refus ?
Actualités
Alzheimer : L’Europe bloque un traitement très attendu et autorisé aux USA
Publié le 30/07/2024 à 12h20 , mis à jour le 30/07/2024 à 12h20
Lecture 3 min.
Luc Blanchot
L’Agence européenne des médicaments a refusé la commercialisation sur le marché européen du Leqembi, très attendu contre la maladie d’Alzheimer. Pourquoi un tel refus quelques semaines après que le feu vert des autorités pour ce même médicament ?
Sommaire
Un médicament qui cible les plaques amyloïdes
Les 3 raisons du refus de l’Agence européenne du médicament
"Un coup dur pour les malades et leurs familles" selon France Alzheimer
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Le 26 juillet, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a refusé la commercialisation du Leqembi (lecanemab) pour le traitement de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce en Europe. Le 3 juillet, les autorités américaines avaient de leur côté donné leur feu vert pour la mise sur le marché de ce médicament. Comment expliquer une telle différence d’appréciation ?
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Un médicament qui cible les plaques amyloïdes
Le Leqembi est un médicament conçu pour cibler les plaques amyloïdes dans le cerveau, une des principales caractéristiques pathologiques de la maladie d’Alzheimer. Les essais cliniques avaient montré des résultats prometteurs, suggérant que le Leqembi pouvait ralentir le déclin cognitif chez les patients à un stade précoce de la maladie.
En juillet 2023, Eli Lilly publiait les résultats de son essai de phase 3, révélant une réduction spectaculaire de 84 % de la charge amyloïde après 18 mois de traitement. De plus, les patients ont montré un ralentissement du déclin cognitif et fonctionnel de 35 % et une réduction de 39 % des risques de progression vers un stade clinique plus avancé de la maladie. Enfin, les patients qui avaient un taux suffisamment bas de dépôts amyloïdes étaient en mesure d’arrêter le traitement.
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Les 3 raisons du refus de l’Agence européenne du médicament
Mais les autorités européennes ont motivé leur refus de commercialisation de ce médicament pour trois raisons principales :
Un faible effet sur le score des tests d’évaluation des capacités cognitives : L'étude principale a montré qu'après 18 mois de traitement, le score CDR-SB qui mesure le niveau de troubles cognitifs et son impact dans la vie quotidienne) des patients traités par Leqembi avait augmenté de 1,21 contre 1,66 chez ceux ayant reçu le placebo. Une différence jugée "faible" par l’EMEA, et donc un "effet observé de Leqembi sur le retard du déclin cognitif (qui) ne contrebalance pas le risque d’événements indésirables graves associés au médicament" ;
Des effets secondaires potentiellement graves : Le risque souligné par l’EMEA est "l'apparition fréquente d'anomalies d'imagerie liées à l'amyloïde (ARIA), un effet secondaire observé à l'imagerie cérébrale qui se traduit par un gonflement et des saignements potentiels dans le cerveau. Bien que la plupart des cas d'ARIA dans l'étude principale n'étaient pas graves et n'impliquaient pas de symptômes, certains patients ont présenté des événements graves, notamment des saignements importants dans le cerveau qui ont nécessité une hospitalisation" ;
Un risque plus élevé de complications pour certaines formes génétiques (notamment ApoE4) : le risque d’ARIA est plus prononcé chez les personnes porteuses d'une certaine forme du gène codant pour la protéine apolipoprotéine E, appelé ApoE4 . "Le risque est plus élevé chez les personnes porteuses de 2 copies du gène ApoE4 , qui sont connues pour être à risque de développer la maladie d'Alzheimer et seraient donc susceptibles de devenir éligibles au traitement par Leqembi" précise le communiqué de l’agence européenne.
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"Un coup dur pour les malades et leurs familles" selon France Alzheimer
France Alzheimer a réagi à cette annonce dans un communiqué : "Pour les personnes malades et leurs proches, cette nouvelle est particulièrement décevante. L’absence de nouveaux traitements efficaces limite les options disponibles pour ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’Alzheimer. Cette situation est d’autant plus décourageante que d’autres régions du monde comme les Etats-Unis et les pays des territoires asiatiques, ont déjà les autorisations pour plusieurs de ces nouveaux médicaments. Cette décision risque également de compromettre l’accessibilité à de futurs traitements thérapeutiques, rendant l’investissement des industriels très risqué en Europe".
Aux Etats-... [Courte citation de 8% de l'article original]
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