«Ça ne me plaît pas du tout, ça m'ennuie profondément.» Sabrina* parle de l'école, qu'elle est impatiente de quitter en octobre, dès ses 16 ans, l'âge légal pour abandonner les bancs scolaires en Italie. Sa mère oscille entre résignation et tentative de persuasion. Mais Sabrina est catégorique: «Les paroles de maman me font peur, mais une fois à l'école, l'ennui prend le dessus.»
Comme elle, à Naples, des centaines d'élèves ressentent la même lassitude, qui se traduit par une multiplication alarmante1 - Selon un rapport du ministère italien de l'Éducation qui prend en considération la période entre septembre 2023 et janvier 2024, sur 18.860 élèves inscrits dans les premières deux années de lycée, 681 n'ont jamais fréquenté les cours, 1.777 présentent entre 25 et 50% d'absences, et 774 dépassent 50% d'absences. 1 des absences et des abandons scolaires. Sabrina habite dans le Rione Sanità, un quartier riche en histoire, aux allures de petite cité enchâssée dans la ville, dense et décadente. Ce quartier est également réputé pour son taux de criminalité élevé. Certaines familles vivent ici dans les bassi, de minuscules habitations situées au rez-de-chaussée ou en sous-sol, souvent privées de lumière naturelle, qui étaient autrefois des dépôts.
À Sanità, lors d'un après-midi ensoleillé mais frais d'avril, dans une salle majestueuse d'un vieil hôpital, résonne la voix impatiente d'Antonella*, la maman de Sabrina. «Vous arrivez ou pas?», lance-t-elle dans un message vocal destiné aux autres mères du quartier.
Ce jeudi, le projet «Io s-banco» de l'association Centro la Tenda, soutenu à hauteur de 239.000 euros par le Plan national de relance et de résilience (PNRR)2 - Plan financier de l'Union européenne qui vise à soutenir la relance économique des États membres après la pandémie de Covid-19. 2, accueille une rencontre sur la parentalité. Les mamans participent à un jeu de l'oie revisité, où chaque lancer de dés les confronte à des thèmes personnels. L'interaction devient vite riche d'échanges et de partages.
Ces femmes ont pour la plupart arrêté leurs études après le brevet des collèges et sont devenues mères à un ...
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