Quatre ans après notre précédent article sur le futur bras robotique du Gateway, nous avons souhaité faire le point sur l'état d'avancement de son développement. Futura a pu échanger avec Stéphane Desjardins, gestionnaire de projets à l'Agence spatiale canadienne.
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Sans surprise, le Canada, devenu le chef de file en matière de bras robotiques spatiaux, fournira le système robotiquerobotique de la station Gateway. Baptisé Canadarm3, ce « système héritera de près de quarante ans de savoir-faire canadien dans le domaine de la robotique spatiale », comme nous l'a expliqué Gilles Leclerc, directeur général de l'Exploration spatiale à l'Agence spatiale canadienneAgence spatiale canadienne, en mars 2019.
Le 27 juin, l'Agence spatiale canadienne (CSA) a annoncé la revue de conception préliminaire du système robotisé qui devrait déboucher sur la revue de conception détaillée, dernière étape avant la constructionconstruction et les tests du Canadarm3, réalisés par l'entreprise MDA. Dans le cadre de son partenariat avec la Nasa, la CSA s'est engagée à livrer le Canadarm3 sur le Gateway et à le « rendre opérationnel pour la mission Artemis V », nous explique Stéphane Desjardins, gestionnaire de projets à l'Agence spatiale canadienne.
Si l'on se fie au calendrier actuel, « Canadarm3 sera installé sur un module de fret au plus tôt en 2029 ». En fournissant le Canadarm3 à la station spatiale lunaire Gateway, le Canada obtiendra « des opportunités pour des expériences scientifiques, des démonstrations technologiques, ainsi que deux places à bord des vols à destination de la Lune. L'astronaute de l'ASC, Jeremy Hansen, fera partie de l'équipage d'Artemis II, la première mission lunaire habitée depuis 1972 ».
Le saviez-vous ?
Le Canada a réalisé les bras télémanipulateurs Canadarm des navettes, la perche d'inspection OBSS conçue après la perte de Columbia pour inspecter les navettes en orbite et le Système d'entretien mobile (MSS), un des éléments essentiels de la Station spatiale internationale. Cet élément est constitué du Canadarm2 (SSRMS : Space Station Remote Manipulator System), de la base mobile (MBS : Mobile Base System) et du manipulateur agile spécialisé (SPDM : Special Purpose Dexterous Manipulator), plus communément appelé Dextre.
Ce système robotisé, composé de trois éléments distincts, comprendra un « grand bras de 8,5 mètres de long doté de 7 degrés de liberté de mouvement, un petit bras agile, et une boîte à outils et à unités remplaçables en orbiteorbite ». Le Canadarm3 sera utilisé pour assurer la « maintenance, les réparations et l'inspection de la station Gateway, déplacer des modules de la station, aider les astronautes en sortie dans l'espace, mener des expériences scientifiques en orbite lunaire, ainsi que pour attraper les vaisseaux spatiaux envoyés à la station ».
En raison de l'éloignement de la Terre, le Canadarm3 sera exploité 1 000 fois plus loin que le Canadarm2 de la Station spatiale internationale. Sa conception lui permettra de « fonctionner de manière autonome, ce qui lui permettra d'exécuter de nombreuses tâches sans supervision constante d'un opérateur au sol ». Des essais d'autonomieautonomie ont été réalisés avec succès sur le Canadarm2 de l'ISS.
« L'autonomie du Canadarm3 sera développée graduellement, c'est-à-dire qu'à ses débuts, le bras sera assisté puis, progressivement, il deviendra autonome pour réaliser certaines tâches ». Ce système robotisé sera également capable de « réaliser ses propres opérations de maintenance et pourra effectuer un certain nombre de réparations et de changement de composant par exemple ».
Par ailleurs, contrairement au Canadarm2, le Canadarm3 « n'utilisera pas de rail pour se déplacer en raison de la taille du Gateway, 5 fois plus petite que l'ISS ». À la place, le bras utilisera « divers points d'ancrage et d'interfaces pour couvrir toute la station lunaire ».
La poussière lunaire préoccupe
Concernant le développement du Canadarm3, il ne semble pas y avoir de difficultés majeures. La principale contrainte réside dans la « prise en compte de l'environnement spatial à cette distance où la station sera exposée aux radiations spatiales et solaires, ainsi qu'à la poussière lunaire ». Cette histoire de poussière lunaire peut surprendre, mais c'est « bel et bien un sujet de préoccupation ». La Nasa « s'attend à ce que les astronautes et les véhicules rapportent de la poussière qui restera en orbite ou à proximité du Gateway ».
Elle travaille à évaluer les « quantités de poussière qui pourraient être amenées au Gateway », très abrasive, et dont il faut en tenir compte dans la construction des modules ; pour ce qui concerne Canadarm3, des « protections des interfaces, des connecteurs et éléments des bras contre l'abrasivité sont prévues ».
Enfin, signalons que MDA développe des bras robotiques dérivés du Candarm3 dont deux seront installés sur les stations spatiales privées Starlab et Axiom.
Nasa : un bras robotique inédit équipera la petite station lunaire Gateway
Article de Remy Decourt publié le 30/06/2020
En attendant l'ESA qui devrait bientôt dévoiler le nom des entreprises qui construiront les deux modules qu'elle réalisera pour le Gateway, l'Agence spatiale canadienne a indiqué que MDA construirait le système robotisé qui équipera cette petite station située à proximité de la Lune. Ce Canadarm3 de nouvelle génération sera capable de travailler en totale autonomie et réparer certaines pannes qui pourraient l'affecter.
L'Agence spatiale canadienne a annoncé vouloir confier à MDA la réalisation du système robotisé intelligent Canadarm3 qui sera installé sur la petite station lunaire Gateway de la Nasa. Un choix qui n'étonnera personne. L'entreprise MDA, acronyme de MacDonald, Dettwiler and Associates, a développé et construit le CanadarmCanadarm à bord des navettes spatiale...
[Courte citation de 8% de l'article original]