Pour ses partisans déjà fanatiques, la survie de Trump ajoutera à son attrait messianique.

Fintan O'Toole - The Irish Times - 15/07
Le fait que Trump ait été victime de la violence qu’il a tant fait pour valider ne l’incitera pas, ni lui ni ses fans, à y réfléchir à nouveau. Cela ne servira qu’à renforcer un état d’esprit dans lequel l’Amérique est déjà en guerre contre elle-même.

"Il n'y a pas de place en Amérique pour ce genre de violence." La réaction du président Joe Biden à la tentative d’assassinat de Donald Trump ressemblait plus à une prière désespérée qu’à une déclaration de fait. Il y a en effet une très grande place en Amérique pour la violence politique, un espace psychologique qui a toujours existé mais qui semble désormais plus grand ouvert qu’il ne l’a été depuis les années 1960.

Samedi soir, lorsque Thomas Matthew Crooks a tiré huit coups de feu sur le rassemblement de Trump à Butler, en Pennsylvanie, tuant un participant, en blessant grièvement deux autres et blessant légèrement sa cible principale, il exprimait une soif de sang implicite dans la polarisation furieuse de Démocratie américaine.

La répulsion face à cette irruption d’intentions meurtrières dans la campagne électorale présidentielle peut apporter une illusion momentanée d’unité – quiconque croit en la démocratie devrait être véritablement horrifié par ce qu’a fait Crooks. Mais l’illusion du bipartisme ne durera pas longtemps. S’il est possible de rendre la démocratie américaine encore plus tribale, cet événement atteindra ce résultat.

Pour ses partisans déjà fanatiques, l’heureuse survie de Trump sera considérée comme un miracle – une preuve supplémentaire que leur leader n’est pas seulement un politicien mais un instrument de salut divinement sanctionné pour l...
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