Les technologies à émissions négatives ne sont pas non plus une alternative

Nathalie Mayer - Futura Sciences - 06/10
À l’occasion des 20 ans de Futura, Étienne Klein, le physicien et grand vulgarisateur, s’associe à la rédaction pour vous proposer, tout au long de cette journée spéciale, des sujets qui...

À l'occasion des 20 ans de Futura, Étienne Klein, le physicien et grand vulgarisateur, s'associe à la rédaction pour vous proposer, tout au long de cette journée spéciale, des sujets qui interrogent. Parmi eux, celui de la géoingénierie. Car la géoingénierie, il y a ceux qui l'envisagent comme une solution miracle au réchauffement climatique anthropique. Et ceux qui veulent la bannir des tablettes. Mais certaines des technologies qu'elle propose ne pourraient-elles pas participer... à « l'effort de guerre » ? C'est la question que nous posons concernant plus particulièrement celles que les experts appellent les technologies à émissions négatives.

En collaboration avec

Ingénieur Physicien

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Pour réussir à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des +1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, le temps nous est désormais compté. Le rapport United in Science 2021 estime même que le monde est déjà engagé sur la voie d'un réchauffement de 2,7 °C aux conséquences catastrophiques. Pour l'éviter, il faudrait, d'urgence, réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Notre production d’énergies fossiles, par exemple, devrait reculer de 3 % par an. Mais les décisions politiques tardent toujours à être prises. Les obligations vertes imaginées par l'Europe excluent même les projets de centrales nucléaires - pourtant proches du zéro émissions - au profit des projets de développement de centrales à gaz. De quoi pousser certains à envisager désormais la géoingénierie comme la porte de sortie à cette crise climatique sans précédent dans l'histoire de l'humanité.

Il y a, par exemple, ceux qui voudraient injecter des particules dans la stratosphère pour faire baisser les températures. Un peu comme ce qui se passe lorsqu'un volcan entre en éruption. Mauvaise idée, nous confiait Slimane Bekki, chercheur au CNRS, il y a quelques mois. Les effets collatéraux - notamment les impacts possibles sur le cycle de l'eau et des précipitations - pourraient en effet s'avérer pires encore que ceux du réchauffement climatique anthropique.

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