Al-Masry Al-Youm, Égypte, 6 juillet
Le candidat réformateur Masoud Pezeshkian est sorti vainqueur du deuxième tour de l'élection présidentielle iranienne, battant l'opposant conservateur Saeed Jalili. Cette élection marque le début de la présidence de Pezeshkian après la mort de l’ancien président Ebrahim Raisi dans un accident d’avion près de la frontière azerbaïdjanaise en mai dernier.
Pezeshkian a obtenu environ 54 % des voix, soit plus de 17 millions de voix sur un total de 30 millions de décomptes. Le taux de participation au deuxième tour a atteint 49,8 %, tandis que Jalili a recueilli plus de 13 millions de voix.
Dans son discours de victoire, le nouveau président iranien a tendu la main à tous les citoyens, soulignant l’importance de l’effort collectif pour le progrès de la nation. Il a assuré le peuple iranien de son soutien indéfectible, appelant à son unité, sa confiance et sa coopération pour parcourir le chemin difficile à parcourir.
Bien que Pezeshkian ne s’oppose pas explicitement au cadre théocratique iranien, il a promis un changement d’approche, critiquant particulièrement les mesures strictes appliquées par la police des mœurs aux femmes. Il a toujours plaidé en faveur d’une réduction des tensions internationales et d’une revitalisation d’une diplomatie active. Au niveau national, Pezeshkian s’est engagé à remanier le système de santé, à améliorer la qualité des services médicaux, à réduire les coûts de traitement et à renforcer les normes d’éducation et le rôle des femmes dans la société.
Sur la scène internationale, l’ancien ministre de la Santé et cardiologue plaide pour une plus grande ouverture à l’Occident et à d’autres idées progressistes. Toutefois, l’Iran est confronté à d’importants défis sur le terrain. Les appels au changement se font de plus en plus forts dans un contexte de mécontentement généralisé face à la détérioration de l’économie, exacerbé par les sanctions persistantes et l’escalade des tensions régionales. L’élite dirigeante, dirigée par le guide suprême Ali Khamenei, reste fermement aux commandes, ce qui jette le doute sur la possibilité de changements politiques substantiels sous la direction du nouveau président.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, vote lors de l'élection présidentielle à Téhéran, en Iran, le 28 juin 2024. (crédit : Bureau du guide suprême iranien/WANA (agence de presse de l'Asie...