Le retour de la social-démocratie va-t-il déstabiliser le Nouveau Front populaire?

David-Alexandre Estrada - Slate FR - 11/07
Le courant moderniste du Parti socialiste pourrait devenir un facteur de déstabilisation au sein de la coalition de gauche.

La coalition de gauche baptisée «Nouveau Front populaire» (NFP) peut se définir comme une réaction. Une réaction d'urgence et de circonstance en contexte accéléré, celui de la dissolution du 9 juin 2024, consécutive au score du Rassemblement national (31,37% des suffrages exprimés) aux élections européennes.

Cette vitesse, ce brouillard dans lesquels sont plongés tous les partis de gauche comme de droite –à commencer par Les Républicains– ouvre des perspectives à bien des mouvements opportunistes mais aussi des tensions. On pense notamment aux différends qui ont émergé durant la campagne, notamment avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise (LFI), comme le soulignait récemment François Ruffin qui a acté sa rupture avec ce dernier.

Suivant la maxime de la maire PS de Lille, Martine Aubry : «Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup.» Pour le NFP, ce loup, c'est l'entrisme du «bloc bourgeois» –un concept développé dans L'illusion du bloc bourgeois par les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini. À travers leur texte, nous nous demanderons si le courant moderniste du Parti socialiste (PS) peut devenir un facteur de déstabilisation supplémentaire au sein du Nouveau Front populaire. Le score de Raphaël Glucksmann au scrutin européen et ses positions récentes sur la social-démocr...
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