RÉCIT. « Injection, comme toujours »: Theodor Morell, l’homme qui soignait Hitler à coups de drogues

Ouest France - 07/07
Lorsqu’il met fin à ses jours le 30 avril 1945, Hitler s’épargne l’humiliation d’une capture par les Russes et échappe au probable procès qui s’en serait suivi. Mais rien ne dit que le Führer aurait tenu jusque-là : à cette date, son état de santé désastreux n’est plus un mystère pour personne. Et son docteur personnel n’y est pas pour rien. Voici le deuxième épisode de notre série consacrée aux médecins les plus effroyables.

Au mois de janvier 1945, Berlin se prépare à subir une offensive d’une ampleur inédite. Rassemblée aux portes d’une ville qu’elle pilonne depuis des mois, l’Armée rouge s’apprête à lancer 6 000 chars et deux millions de soldats contre la capitale du Reich. Parti de son repaire de Prusse orientale pour revenir à Berlin le 16 janvier, Adolf Hitler doit rapidement se résoudre à rejoindre le Führerbunker, un vaste complexe souterrain d’une trentaine de pièces aménagé sous la chancellerie et protégé par d’épaisses parois de béton.

Humide, confiné, saturé de poussière et de gaz carbonique, le lieu n’est pas sain. Le bruit constant des systèmes de ventilation tape vite sur les nerfs des occupants retranchés aux côtés de leur Führer dans cet ultime QG. À l’exception de Hitler lui-même, et encore, chacun des occupants est bien conscient que le IIIe Reich vit ses dernières semaines, submergé sur tous les fronts par l’offensive alliée. Certains noient leur angoisse dans l’alcool, d’autres cherchent dans la drogue de quoi oublier l’inévitable fin de l’Allemagne nazie, mais tous sont frappés par l’état mental et physique de l’homme qui les a menés à la victoire, puis au désastre : Adolf Hitler.

À 55 ans à peine, le Führer n’est plus que l’ombre de lui-même. Sa compagne Eva Braun confie à la secrétaire personnelle d’Hitler, Traudl J...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...