Alors que le Dalaï Lama fête ses 89 ans, les Tibétains en exil craignent un avenir sans lui

Sunil Kataria - Reuters - 06/07
Dans un monastère au pied des montagnes enneigées du nord de l'Inde, le moine bouddhiste chargé de protéger le Dalaï Lama et de prédire l'avenir de son peuple est inquiet.
DHARAMSALA, Inde, 6 juillet (Reuters) - Dans un monastère situé au pied des montagnes enneigées du nord de l'Inde, le moine bouddhiste chargé de protéger le Dalaï Lama et de prédire l'avenir de son peuple est inquiet.
Le Dalaï Lama fêtera ses 89 ans samedi et la Chine insiste sur le fait qu'elle choisira son successeur à la tête du Tibet. Cela amène le Médium de l'Oracle en chef de l'État du Tibet à réfléchir à ce qui pourrait arriver ensuite.
"Sa Sainteté est le quatorzième Dalaï Lama, puis il y aura un quinzième, un seizième, un dix-septième", a déclaré le médium, connu sous le nom de Nechung. "Dans les pays, les dirigeants changent et cette histoire est terminée. Mais au Tibet, cela fonctionne différemment."
Les bouddhistes tibétains croient que les moines érudits se réincarnent après la mort en tant que nouveau-nés. Le Dalaï Lama, qui se remet actuellement d'une intervention médicale aux États-Unis, a déclaré qu'il clarifierait les questions de succession - notamment s'il se réincarnerait et où il se réincarnerait - aux alentours de son quatre-vingt-dixième anniversaire. Dans le cadre d'un processus d'identification de la réincarnation, le médium entrera en transe pour consulter l'oracle.
Le Dalaï Lama actuel est une figure charismatique qui a popularisé le bouddhisme à l'échelle internationale et a remporté le prix Nobel de la paix en 1989 pour avoir maintenu vivante la cause tibétaine en exil. Pékin le considère comme un séparatiste dangereux, bien qu'il ait adopté ce qu'il appelle une « Voie médiane » consistant à rechercher pacifiquement une véritable autonomie et une véritable liberté religieuse en Chine.
Tout successeur sera inexpérimenté et inconnu sur la scène mondiale. Cela a suscité des inquiétudes quant à savoir si le mouvement perdrait de son élan ou se radicaliserait dans un contexte de tensions accrues entre Pékin et Washington, longtemps source de soutien bipartisan à l'Administration centrale tibétaine, le gouvernement en exil du Tibet.
Le CTA et ses partenaires occidentaux ainsi qu’en Inde, qui accueille le Dalaï Lama dans les contreforts himalayens depuis plus de six décennies, se préparent à un avenir sans sa présence influente.
Le président américain Joe Biden devrait bientôt signer un projet de loi obligeant le Département d'État à contrer ce qu'il appelle la « désinformation » chinoise selon laquelle le Tibet, annexé par la République populaire de Chine en 1951, fait partie de la Chine depuis l'Antiqui...
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