A la mi-temps de cette année ciné, un bilan - par ordre alphabétique - des longs métrages qui nous ont le plus emballés, en salles.
La Belle de Gaza de Yolande Zauberman
Une rue des faubourgs de Tel-Aviv. Un trottoir, des silhouettes, des lumières qui percent dans la nuit chaude. Derrière la caméra, Yolande Zauberman se fraie un passage dans cette obscurité enténébrée. Elle cherche la Belle de Gaza, une femme trans qui est partie depuis la Bande du même nom pour rejoindre ces bouts de bitume. Mais la Belle se dérobe, reste introuvable. A travers cette absence, Zauberman révèle d’autres présences, des prostituées trans. Celles-ci partagent des morceaux de vies chaotiques et prouvent que la grâce peut se loger dans les recoins les plus sombres du monde pour les faire rayonner de l’intérieur.
La Bête de Bertrand Bonello
Balaise, cette Bête. Jeu de miroirs entre les époques, les haines et les désirs, carburant à un moteur SF qui n’a pas peur de prendre le risque de la ringardise avec son histoire de vies antérieures à explorer et à nettoyer dans un Paris de SF qui évoque le forum des Halles après le dernier métro… Si Bonello est toujours un cinéaste aussi surpuissant (les scènes de club toujours démentes, la playlist déchirante), La Bête est en réalité une fascinante étude de ses acteurs (Léa Seydoux et George MacKay), de la variation de leurs corps, sur fond de trompe-l’oeil (les fonds verts, la fausse Californie…). Jusqu’à un déchirement final inévitable. C’est un peu comme si Hideo Kojima avait remaké La Jetée. C’est vous dire si c’est balaise.
Bis Repetita d’Emilie Noblet
Des lycéens latinistes complètement nuls en latin partent en Italie participer à un concours d’excellence qu’ils ne peuvent absolument pas se permettre de perd...
[Courte citation de 8% de l'article original]